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Studio d’enregistrement : 10 conseils clés pour réussir votre session !

J’ai récemment vécu une super expérience de studio d’enregistrement à l’ICP de Bruxelles (Belgique). Avec les “home studios”, le passage par les studios d’enregistrements coûteux se fait plus rare. C’est pourtant un vrai plus pour la production de vos chansons. Avec une bonne préparation et une bonne organisation, vous rentabiliserez très rapidement votre investissement, à la fois en temps et en qualité. Voici 10 conseils pour réussir votre session dans un studio d’enregistrement.

  1. Les arrangements

La toute première étape a été de finaliser les arrangements. Alex, le chanteur, est venu me voir avec une vingtaine d’idées de chansons. Parfois très basiques comme une suite d’accords qu’il aimait bien et parfois plus développé avec une ligne de chant, du texte et plusieurs parties qui s’enchaînaient déjà. Si vous aimez composer, je vous invite à aller lire mon article comment écrire une chanson en 9 étapes faciles. Nous avons travaillé sur les 20 chansons en essayant de leur donner une chance à chacune! Certaines nous inspiraient plus que d’autres. Nous en avons gardé une dizaine et nous avons décidé d’y consacrer toute notre énergie. Voici un extrait des prémices de la chanson “Far away” :

Ce travail d’arrangements préalable est essentiel à la réussite de votre projet. Vous allez déterminer comment la chanson démarre, sa structure, les différentes parties et comment elles s’enchaînent, s’il y a des solos, un fingerpicking particulier, des moments instrumentaux, clarifier les lignes de chant, le texte et comment les chansons se terminent. Ce que j’ai particulièrement apprécié pendant ce travail c’est que nous n’avions pas d’ordinateur. Juste deux guitares. Lorsque nous étions confronté à un problème, la solution se trouvait dans la ligne de chant ou dans l’accompagnement guitare. Impossible d’aller essayer un synthé, un break batterie, des violons pour solutionner le problème. Certains vous diront que le travail d’arrangement et la production d’une chanson sont liés mais dans ce projet-ci, clairement orienté guitare acoustique (Ben Howard et Nick Drake étaient de grosses références), j’ai adoré travailler sur les chansons pour qu’elles fonctionnent déjà guitare/voix. Cela présente deux gros avantages. Le premier c’est que pour défendre ses chansons l’artiste n’aura pas besoin de plus qu’une guitare acoustique. C’est un vrai plus lorsqu’on démarre car cela permet de s’insérer facilement en première partie d’un autre artiste, de proposer un set acoustique de 30 minutes sans avoir besoin de musiciens et de pouvoir chanter une chanson en promo radio ou télévision. Deuxièmement c’est super chouette de démarrer la préproduction sur des chansons déjà arrangées. On peut enfin tester cette idée de cordes qu’on avait depuis le début, ce groove batterie, cette ligne de basse. Les titres ont besoin de très peu pour prendre instantanément une belle allure.

2. La pré-production

C’est ultra, méga important d’avoir une idée claire de la direction artistique des titres, une vision sonore du projet et de travailler avec des références. Une bonne pré-production, avec des sonorités proches du résultat escompté, les bonnes structures, les bons textes, le bon tempo vous feront gagner 2 à 3 fois plus de temps les jours d’enregistrements. Vous pourrez communiquer facilement avec vos musiciens et ingé son en leur faisant écouter vos références, en leur expliquant clairement ce que vous attendez d’eux, de leur son, de leur jeu. Avec des idées claires vous pourrez facilement enregistrer jusqu’à 6 titres par jour. Pour cela tout doit être bien préparé. Vous devez avoir les grilles d’accords, les lignes de basse, les groove batterie, les riffs de guitare. Évitez d’ouvrir des pré-productions qui ne sont pas convaincantes, vous voulez donner une bonne impression à l’équipe et leur transmettre une bonne énergie. Gardez ces projets sur le côté, continuez à les travailler à la maison et proposez-les lorsqu’ils seront plus aboutis.

3. Choisir un studio et une configuration

La configuration live est la plus belle configuration qui existe. Vos productions seront organiques, imparfaites et pleines d’émotions. C’est aussi la configuration la plus complexe à mettre en place. Ce n’est pas évident de réunir tous les musiciens au même moment et de leur donner les partitions avec la structure finale de la chanson. Un bon compromis consiste à enregistrer les rythmiques en live. Basse, batterie et pourquoi pas les guitares. C’est la configuration que j’avais choisie et en visitant les studios ICP j’avais une demande très claire : il fallait que nous puissions enregistrer 3 instruments en live. C’est donc le studio B qui nous a été conseillé. La batterie dans une pièce, la basse dans la control room et la guitare acoustique dans une autre pièce. Le tout avec des vitres qui permettent aux musiciens de se voir et des fenêtres qui apportent de la lumière du jour.

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Dans le studio B de l’ICP il est très simple d’enregistrer plusieurs instruments en live. La basse dans la cabine, la guitare dans une pièce et la batterie dans l’autre

4. Montez votre équipe

Choisissez des musiciens chevronnés. Pour mes albums j’ai travaillé avec des amis musiciens en me disant que l’ambiance dans le studio allait être plus sympa qu’avec des mercenaires. Je me suis trompé. J’ai passé énormément de temps à recaler leurs prises et ça m’a coûté plus cher que si j’avais fait appel à des vrais pros du studio. C’est un vrai métier musicien de studio et si tout le monde s’arrache les meilleurs ce n’est pas pour rien. Pour cette session j’ai eu la chance de réunir Nicolas Fiszman à la basse et Philippe Entressangle à la batterie. Leur réputation les précède et plusieurs connaissances avaient déjà eu es expériences positives avec eux. Je savais que c’était un bon choix. Tout cela s’est confirmé lorsque le travail a commencé avec eux. Philippe Entressangle m’a demandé de lui envoyer les préproductions pour relever les structures et se faire une idée de la direction artistique. Nicolas Fiszman, qui était en tournée au Canada avec Francis Cabrel lorsque je l’ai appelé, préférait découvrir les chansons au studio, le jour des enregistrements. Il peut compter sur son oreille à toute épreuve et une capacité à mémoriser les structures très rapidement. Pendant les sessions ils ont joué les morceaux sans fautes et m’ont régulièrement proposé de très bonnes idées, tout à fait alignées avec la direction artistique du projet. L’exécution était parfaite et ils furent très créatifs ! Après les enregistrements j’ai récupéré les sessions pro tools pour refaire quelques guitares à la maison et j’ai pu voir à quel point leur mise en place était solide. Vraiment le voir dans les sessions, avec les grilles du tempo et la basse et la batterie calées dessus. C’est vraiment impressionnant et ça vaut le coup de dépenser plus d’argent pour faire appel à des mecs d’un si bon niveau.

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J’ai eu la chance de travailler avec Philippe Entressangle et Nicolas Fiszman, ici à côté de moi, dans la cabine du studio B de l’ICP

Choisissez un ingénieur du son qui est habitué à votre style de musique. Dans le cas de cette session j’ai fait appel à Erwin Autrique. Je connaissais son travail avec Benjamin Biolay et Vanessa Paradis. Je savais qu’il avait enregistré le premier album de Louise Attaque, qu’il avait aussi travaillé avec Renaud et Cyril Mokaiesh et ça faisait longtemps que j’avais envie de travailler avec lui. Ses compétences techniques sont impressionnantes au niveau de la prise de son, il connaît les studios ICP par coeur et il est vraiment sympa. En plus c’est un vrai motard qui roule toute l’année! Nous avions donc des atomes crochus. C’est également Erwin Autrique qui a mixé les chansons. Je savais que c’était un métier mais là j’ai vraiment compris qu’il y avait des mixeurs bien meilleurs que d’autres. Erwin Autrique en fait partie. Ses mixes ont sublimés les chansons à un point que je ne pensais pas possible. Mon plus grand regret est de n’avoir pas travaillé plus tôt avec lui.

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Erwin Autrique pendant les sessions d’enregistrement à l’ICP

5. Établissez un planning

A la fois pour les arrangements, la préproduction, le studio et les réenregistrements. C’est important d’être précis, d’avoir des délais à tenir. C’est la loi de Parkinson. Si vous prévoyez un mois pour faire quelque-chose, vous mettrez un mois. Si vous prévoyez 3 jours, vous mettrez trois jours. Essayez donc de vous fixer des objectifs clairs. Soyez raisonnables mais n’hésitez pas à vous mettre un peu de pression et à raccourcir les délais. Vous verrez que vous y arriverez! En studio commencez par les titres que vous maîtrisez le mieux, le temps d’avoir un rythme de travail et de laisser tout le monde trouver ses marques.

6. Préparez vos instruments

Il y a une pièce aux studios ICP dans laquelle du backline est stocké. Des batteries, des amplis, des pédales, des claviers, etc. C’est la caverne d’Ali Baba ! Tout ce matériel est disponible gratuitement. Philippe Entressangle a utilisé une batterie de l’ICP et Nicolas Fiszman une basse et un ampli. Alex, le chanteur, m’avait prêté deux guitares acoustiques de dingue pour enregistrer ce projet : une Boucher et une japonaise dont le nom m’échappe. J’ai monté des Elixir 0.13 dessus. Je vous invite d’ailleurs à lire mon article comment choisir les cordes de sa guitare. N’attendez pas le dernier moment pour changer vos cordes, vous risqueriez d’avoir un son trop propre. Vérifiez la vis de réglage de la torsion du manche (Truss Rod) qui donne la courbure du manche entre la tête et la jonction à la caisse. Il est possible de faire ce réglage soi-même et ça vaut vraiment le coup d’essayer par 1/4 de tour successifs, ça change souvent beaucoup le confort de jeu. Deuxième point à vérifier : la hauteur de cordes sur les sillets de tête et de chevalet. Là c’est à réserver aux professionnels, qui ne pourront pas le faire directement. Soyez donc prévoyant. Prévoyez également des jeux de corde de rechange, du fastfret pour éviter les bruits de doigts sur les cordes : le fameux “Finger Squeak”. Le revêtement des Elixir pour les cordes acier permet de minimiser cet effet. Se huiler un peu la main gauche peut aider aussi. Lorsque vous entrez en studio votre matériel doit être impeccable et si vous hésitez encore sur le type de guitare qui conviendra le mieux à votre projet je vous invite à lire mon article ici !

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Philippe Entressangle a utilisé une batterie fournie par le studio ICP

7.  Établissez vos priorités

La priorité absolue ce sont les rythmiques. C’est pour ça que vous êtes là. Enregistrer les rythmiques (basse/batterie) en live, va donner une dimension professionnelle à votre production. Vous allez également personnaliser votre univers et profiter du talent de vos musiciens pour élever le niveau, accentuer le côté organique et donner une cohérence et une couleur à vos chansons qui n’auront plus rien à voir avec vos démos. Tout ce qui est piano, cordes, guitares, chœurs, etc. peut être fait à la maison, dans votre home studio. Concentrez vous donc sur votre priorité. Si vous pouvez rajouter un instrument aux rythmiques ce sera un gain de temps mais une difficulté en plus à gérer. A vous de voir ce qui sera le plus efficace, si les musiciens seront capables d’enchaîner les prises sans se tromper afin de choisir la meilleure prise, celle qui mettra le plus en valeur la chanson. Pour cela c’est toujours mieux d’engager vos musiciens pour toute la journée. Cela vous permettra d’être bien concentré sur un seul objectif et de ne pas devoir penser aux musiciens qui doivent arriver plus tard. Un journée doit être une journée complète pendant laquelle vous enregistrez les rythmiques avec les musiciens que vous avez engagés. Rien de plus. De nouveau, au plus simple, au mieux. Évitez de vouloir tout rentrer, ça ne fonctionnera pas. Je me permets d’insister car pendant cette session à l’ICP c’est Philippe Entressangle qui a joué les batteries. Philippe était en concert tous les soirs au Cirque Royal avec Zazie. Il devait impérativement quitter le studio à 18h. Je voulais absolument enregistrer avec lui et il n’y avait pas d’autres choix et malgré sa bonne volonté cela nous a fait perdre du temps.

Si vous devez enregistrer des cordes je vous conseille de le faire après. Les structures des chansons risquent de changer pendant les enregistrements des rythmiques. L’arrangeur cordes devra donc recommencer toute son orchestration. Il est très simple d’enregistrer des cordes à la maison et si votre arrangeur est débrouillard il pourra même empiler les couches lui-même. Vous n’aurez pas besoin de payer un quatuor ! C’est Jean-François Assy (Bashung, Christophe, Thiéfaine) qui a écrit les arrangements de cordes. Il est passé à l’ICP pour rencontrer l’équipe et il a ensuite tout enregistré chez lui, tout seul, comme un grand! Et c’était très réussi.

8. Évitez les visites

C’est toujours sympa d’avoir de la visite mais concrètement c’est souvent un peu ennuyant car il faut taper la discute, accueillir les invités, leur proposer un truc à boire, faire écouter, être disponible. Ça bouffe du temps et les conditions ne sont pas idéales pour parler.

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Vous serez très occupé pendant votre session d’enregistrement, évitez les visites de coutoisie

9. Cadenassez la logistique

Les journées commencent à 10h et se terminent à 22h. Inutile de préciser que c’est ultra fatigant. Deux jours de suite et vous êtres déjà sur les genoux ! Je vous conseille vivement de bien dormir. On est souvent excités et ce n’est pas toujours évident mais vous aurez besoin de toute votre énergie. Essayer de bien vous hydrater, de manger sainement (évitez les snacks même si ce n’est pas évident). Prévoyez un catering de base pour votre équipe avec quelques bouteilles d’eau, des fruits et des snacks sains !

Si le studio le permet, mangez sur place à midi. C’est super important. On perd un temps fou à aller acheter un sandwich ou à réchauffer un truc dans la cuisine et servir les assiettes. A l’ICP il est possible de commander un repas chaud à midi. C’est très bon, on vous sert à table et vous ne devez penser à rien. S’il y a bien un point pour lequel la dépense vaut le coup c’est celui-là. Quand il y a une pause, c’est pour tout le monde, vous y compris. Profitez-en pour vous changer les idées, taper la causette et charger vos batteries.

10. Les photos et les vidéos

C’est toujours mieux de prendre quelques images car vous pourrez vous en servir en promo. L’idéal c’est de demander à un pro (discret) de passer à un moment. Vous n’avez pas le temps, les journées sont ultra chargées et filmer ou prendre des photos “pro” vous demandera de régler les appareils, changer les cartes, poser les pieds, lancer les enregistrements, les arrêter, décharger la matière, etc. Si vous n’avez pas le budget pour engager un pro ou pas d’amis vidéaste intéressé essayez d’être le plus simple possible. Un seul appareil avec une seule optique qui ouvre bien (vous êtes en studio et il n’y a pas souvent de lumière du jour), un pied et c’est tout ! Utilisez votre temps pour avancer sur votre production musicale. J’avais demandé à Erwin Autrique de prendre son 5d pour filmer. Le matin du premier jour j’ai changé la carte et avec le stress j’ai enfoncé un des pins du boitier. La réparation a coûté plusieurs centaines d’euros que j’aurais mieux fait d’investir en payant un pro!

J’ai réalisé une petite vidéo qui montre un peu l’ambiance de travail :

Voilà mes 10 conseils suite à mon expérience en studio d’enregistrement. Qu’en pensez-vous? Avez-vous d’autres astuces à partager? Dites-le moi dans les commentaires !

Pour contacter le studio ICP : http://www.icpstudios.com

Nicolas Fiszman (basse) : https://www.facebook.com/nicolas.fiszman.7

Philippe Entressangle (batterie) : https://www.facebook.com/philippe.entressangle

Erwin Autrique (ingé son) : https://www.facebook.com/erwin.autrique

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Club Med Artiste : les choses que j’aurais aimé savoir avant mon départ

Mon expérience au Club Med Artiste a commencé il y a quelques semaines lorsque j’ai reçu un mail d’une personne qui avait vu mes vidéos de reprises sur internet: “Ça vous intéresserait de partir une semaine au Club Med de Val Thorens en tant que guitariste? Il faut jouer tous les soirs un répertoire plutôt en anglais et le reste de la journée est libre. Tout est compris ; logement, boissons, nourriture. Il faut compter 100 euros pour le forfait ski (au lieu de 240 euros pour le public) et les frais pour aller jusque là”.

Mes souvenirs du club med remontent à mon enfance, lorsque mes parents nous emmenaient avec mon frère pour une semaine à la montagne en été ou en hiver. Et puis arrivent les images des Bronzés font du ski ! Le Club Med a-t-il évolué depuis? Je vais voir sur internet à quoi ressemble le Club Med de Val Thorens. Nouveau bâtiment à la déco très moderne qui ne me parle pas plus que ça. Je me renseigne ensuite autour de moi. Mon kiné m’explique que c’est surtout un club pour faire la fête. Les gens viennent pour skier mais aussi pour faire des rencontres et participer aux soirées organisées le soir. Les enfants ne sont d’ailleurs pas admis. Encore un truc qui ne m’attire plus. Mais j’adore le ski, les musiciens de l’équipe ont l’air sympas et j’ai vraiment besoin de changer d’air. J’en parle donc à ma femme, très compréhensive malgré le fait que cela signifie pour elle de s’occuper de nous deux enfants en bas âge pendant une semaine et de laisser son homme partir dans un club de fêtards. Elle accepte quand même. Elle sait que j’ai besoin de me changer les idées.

Second paramètre important : je n’ai aucune expérience dans un groupe de reprises. Je demande donc de m’envoyer le répertoire à connaître, histoire de voir si cela va me demander beaucoup de préparation. Les concerts sont destinés à un public international qui vient pour s’amuser, inutile de dire qu’il n’y a pas beaucoup de reprises de Georges Brassens dans la liste. Beaucoup de chansons que je ne connais même pas, en anglais pour 90%… Aie, aie, aie. Le sort s’acharne ! Je vais devoir préparer tout ça. J’appelle le guitariste du groupe. On décide ensemble de se répartir les chansons de la manière suivante : lui s’occupe des chansons à la guitare électrique (AC/DC, Dire Straits, Chic, etc.) et moi des chansons à la guitare acoustique (Clapton, Beatles, More than words, Hotel California, …). 40 chansons à apprendre et surtout une véritable motivation : il faudra les jouer sur scène ! Comme dit l’adage ; il y a une grande leçon de musique dans chaque chanson. Ça vaut la peine de s’y atteler. Je décide donc d’accepter et je confirme ma présence.

Nous voilà quelques semaines plus tard, avec ma valise et ma guitare à Dinant, lieu du départ. J’ai quitté la maison à 6h, embrassé femme et enfants avant de m’enfoncer dans une Belgique enneigée comme cela arrive très peu. On m’attend avec les croissants et un café, le temps d’échanger quelques mots et de faire connaissance, de préparer les sandwiches, de charger les valises et de partir. C’est la tempête de neige en Belgique. Heureusement nous sommes équipé de pneu neige et d’un 4X4. On roule à 70km/h depuis plus d’une heure lorsqu’on croise le premier accident, aux environs d’Arlon. La neige tombe de plus en plus. La radio annonce d’autres accidents. Je partage la voiture avec avec le saxophoniste du groupe et j’en profite pour faire connaissance. Il vient à Val Thorens depuis 10 ans, plusieurs fois par an. Il me parle du club : “Ca s’est calmé. Il y a 10 ans c’était l’orgie, ça allait trop loin. Maintenant c’est toujours la fête mais ils ferment le bar à un moment et tout le monde sort alors dans le centre de Val Tox (le petit nom que les habitués donnent à la station)”. Il me parle de la clientèle plutôt aisée ; russes, brésiliens, australiens, chinois et américains qui viennent avec les frères et les cousins. Ils paient chacun 1850 euros pour leur semaine et plus encore pour ceux qui prennent des suites. Il me parle aussi des semaines blanches (lorsqu’il neige toute la semaine). Il faut alors jouer plus souvent pour les clients qui restent au village.

La route continue, elle est dangereuse. Les rafales de vent, les autoroutes françaises deux bandes non éclairées, la pluie verglaçante. On arrive enfin en bas du col de 35 km. La gendarmerie vérifie que nous sommes bien équipés en pneu neige ou avec des chaînes. La montée commence mais nous sommes arrêtés à mi-chemin parce qu’ils déclenchent une avalanche pour sécuriser la route : une heure d’attente dans la voiture. En redémarrant on se rend compte qu’il n’y a presque plus d’essence. Nous sommes aux Menuires, il reste 9km et l’ordinateur de bord nous annonce 4 km d’autonomie, 3, 2, 1  et puis plus rien! Nous arriverons heureusement tout juste à la pompe de Val Thorens. L’aventure aura continué jusqu’au bout. Les sports d’hiver, ça se mérite !

Les G.O. (gentils organisateurs) nous accueillent avec un grand sourire et nous aident à décharger notre matériel. Nos chambres artistes ne sont pas encore nettoyées et nous pourrions dormir la première nuit dans une chambre normalement réservée aux clients. Une lueur d’espoir s’installe : nous passerons peut-être la semaine là, vu que le club n’est pas complet. En attendant d’avoir la confirmation nous montons déjà les instruments dans le bar principal situé au 4ème étage car, seconde nouvelle, le chef de village aimerait que nous jouions dès ce soir ! Ouch. Voilà 14 heures que je suis en route, je n’ai pas encore mangé et je vais devoir assurer un concert de 90 minutes, dans un nouveau répertoire et avec des musiciens que je ne connais même pas. Quelle journée ! Je fais très vite la connaissance des autres musiciens venus de Liège : un jeune mec à la batterie, son père à la basse et l’autre guitariste. Nous filons au resto enfiler un truc avant de monter les instruments sur scène. La setlist est rapidement rédigée. Le baptême du feu va pouvoir commencer!

On m’avait dit qu’il y avait des amplis sur place mais il n’y en a pas. L’ingé son, plus DJ qu’ingé son d’ailleurs, me  propose de rentrer directement dans la table via une DI Box. Je lui demande de faire quelques réglages : moins d’aigus, un peu plus de hauts medium et moins de basse. Ce n’est pas son truc apparemment ! Mon son n’est pas terrible, encore moins quand je passe en distorsion. Le volume est difficile à gérer entre les rythmiques en strumming et les solos. Avec un ampli les choses auraient été plus simples ! Le temps presse et nous voilà déjà occupés à jouer le premier morceau. Moi qui suis habitué à répéter mes concerts j’éprouve un peu de mal à passer d’une chanson à l’autre, même en lisant mes partitions. De l’autre côté de la scène le bassiste joue sans partitions. Quoi? Il enchaîne les chansons, les parties sans se tromper, tout ça par cœur ! Je n’en reviens pas. Je regarde bien s’il n’y a pas de copions. Rien ! Il m’expliquera ensuite connaitre des centaines de chansons par cœur. Le groupe assure, tout le monde est habitué à l’exercice et connait très bien le répertoire. Je suis impressionné et je sens que je vais devoir m’accrocher. C’est va être plus compliqué que ce que je ne pensais ! Je terminerai le set sur les genoux et j’irai directement dormir comme ça, sans récupérer ma valise dans la voiture garée dans un parking assez loin pour ma première nuit en altitude, souvent la moins bonne.

La matinée du lendemain sera consacrée à la signature du contrat avec le Club Med (le bureau des ressources humaines n’est ouvert qu’à partir de 11h et sans contrat pas de ski pass), l’achat du ski pass (100 euros) et la location de mon snowboard et des chaussures (inclus). Nous jouons à 19h ce soir. Installation et choix des chansons que nous allons jouer vers 18h. Il me reste une bonne partie de l’après-midi pour aller skier. Le temps de manger et de rassembler nos vêtements de ski et nous voilà sur les pistes pour les premières sensations. Il neige beaucoup, le ciel est couvert, j’en profite pour me remettre dans le bain et retrouver mes réflexes en descendant la même piste bleu. Ça fait 10 ans que je n’ai plus skié mais le snowboard c’est comme le vélo ; ça revient vite. A ce moment-là je ne sais pas encore que j’aurai la chance de suivre d’autres musiciens qui connaissent le domaine des 3 vallées par cœur, skient comme des brutes et m’emmèneront hors des pistes, dans une poudreuse à peine tracée sous un ciel bleu et ensoleillé. Ces moments seront magiques, un bonheur pur, des sensations fortes qui me permettront de ne plus penser à rien, de me changer les idées pour de vrai ! Mais là, pour le moment, j’essaie d’éviter les fautes de quart et les chutes. Ma première descente de piste bleu me fait carrément peur !

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Quel plaisir de skier dans le domaine des 3 vallées !

La semaine continuera sous ce rythme : quelques heures de ski lorsque le temps le permet et un concert le soir à 19h puis un petit verre aux soirées du club avant d’aller dormir. Jeudi on me demande de jouer seul à la guitare dans l’espace lounge : l’Epicurious. On peut s’asseoir tranquillement, boire un bon verre ou même manger à la carte. Musique d’ambiance jazzy et personnel attentif : c’est mon endroit préféré dans le village. Le set acoustique sera un mélange de quelques reprises avec mon répertoire original. Une guitare et une voix. Ce genre d’exercice me convient parfaitement. Je propose à la chanteuse du groupe de participer. Elle accepte avec plaisir et nous prenons 30 minutes pour choisir les chansons que nous allons interpréter, ce que je n’avais pas encore eu l’occasion de faire jusqu’ici. C’est chouette de pouvoir privilégier les chansons qu’on aime. Il faut jouer une heure que je réparti de la manière suivante : 25 minutes de matériel original et 35 minutes de reprises. On va chanter en français même si le gérant de l’espace insiste sur la présence d’un public international qui ne connait pas la chanson française et m’encourage à ajouter des chansons en anglais. Comme je suis professionnel je rajoute More than words et English man in New York dans la setlist.

Il neige. J’en profite pour récupérer mon retard professionnel. Installé avec mon ordinateur portable à une table, la serveuse me propose un cocktail sans alcool : jus de craberry, d’ananas, de banane et d’orange mélangés. J’ai demandé un accès premium au WIFI mais la connexion est tout de même mauvaise : 1,7 m/s avec le vent dans le dos. Cet accès premium, comme d’autres choses, est payant. Le Club Med est contrôlé par Fosun, son actionnaire chinois principal, depuis quelques années. On sent que la rentabilité fait partie de leur nouvelle stratégie et beaucoup de privilèges accordés aux musiciens ont disparus. Le forfait ski, gratuit pour les musiciens il y a encore quelques années est désormais payant. Le tarif reste préférentiel ; 100 euros la semaine au lieu de 240 euros. Les boissons au bar sont également payantes. Nous avons réussi à négocier cela avec le chef de village, très compréhensif, qui nous a accordé les boissons gratuites mais c’est une exception : normalement il faut payer pour les boissons en-dehors des repas. Les musiciens ne sont plus logés dans le village mais dans un bâtiment extérieur. Une navette passe trois fois par heure. Ce n’est pas du tout pratique. Lorsqu’on va skier, il faut ensuite retourner à Val Roc prendre une douche et se changer pour jouer le soir, quand ce n’est pas à 16h30. On perd beaucoup de temps à faire ces aller/retours. Et le soir il n’y a plus de navettes, il faut rentrer à pied, souvent sous la tempête de neige. Les musiciens que j’accompagne et qui sont habitués au Club Med m’expliquent que les privilèges artistes diminuent un peu plus chaque année.

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Sur la scène de l’espace “lounge” du Club Med de Val Thorens

A 22h je monte sur scène pour démarrer le concert. Mis à part mes camarades musiciens qui sont venus écouter par sympathie, il n’y a pas grand monde dans la salle. Le chef de village a eu la bonne idée de programmer le spectacle des G.O. en même temps dans la grande salle du 4ème étage. Je démarre tout de même avec quelques compositions originales : J’ai horreur des voyages, Le goût de toi, et Le bruit et la fureur. J’enchaîne ensuite avec une reprise acoustique un peu décalée des Démons de minuit d’Images. La chanteuse me rejoint sur scène pour une reprise de Johnny Hallyday : Ma gueule, une de mes chansons préférées de l’artiste. Nos deux voix fonctionnent bien et j’apprécie vraiment cette formule acoustique pendant laquelle je peux proposer un accompagnement à la guitare un peu plus sophistiqué. Le set se prolonge avec Foule Sentimentale d’Alain Souchon, Message personnel de Françoise Hardy, Un homme heureux de Sheller. J’invite ensuite le bassiste du groupe à venir chanter quelques chansons de son répertoire et je clôture avec ma reprise en fingerstyle de Benjamin Biolay : La superbe. C’est à ce moment qu’un groupe d’anglais me demandent : “One more” ! Ça me fait plaisir 🙂 J’enchaîne avec Une fille m’a dit. Les anglais, très sympas, me font un beau compliment : “great song, great voice ! ” (belle voix, belle composition). Et me demandent comment l’histoire de la chanson se termine. Je laisse ma réponse en suspens. J’avais pris quelques disques pour les vendre après les concerts mais je comprends que ce n’est pas l’idée au Club Med, dans une formule “all inclusive”.

Vendredi nous jouons à 16h30 et à 19h dans la grande salle. Un set d’une heure à chaque fois. La neige continue à tomber et je n’ai pas vraiment envie d’aller skier dans ces conditions. Me revoilà dans l’espace lounge avec mon ordi à avancer sur l’écriture de cet article. Une éclaircie fait soudainement son apparition. C’est l’avant dernier jour et je veux skier. Avec le saxophoniste nous décidons de foncer à l’appartement enfiler nos vêtements de ski. Nous n’aurons jamais été aussi rapide pour monter sur un télésiège. Le ciel restera bleu une petite heure mais nous en profiterons à fond avant de rentrer à Val Roc pour nous changer en vue du concert du soir. Réunion à 18h pour choisir les chansons. On se permet de reprendre certains titres joués en début de semaine. On sent que le groupe joue tous les soirs, l’ambiance est très bonne et ça envoie ! Le guitariste propose d’optimiser l’éclairage pour une formule “concert”. C’est vrai que pour le moment on se croirait dans un hôpital. Les lumières LED sont froides et il y a du niveau partout. L’ambiance change instantanément : nous aurions dû y penser plus tôt! Ce sera notre meilleure performance. Les G.M. applaudissent, l’ambiance est au rendez-vous et tout le monde s’éclate sur scène. Ce concert restera un très bon souvenir.

Regard par la fenêtre au réveil le lendemain matin : le beau temps n’est toujours pas au rendez-vous. Pas de chance décidément. J’espère une amélioration dans l’après-midi. Elle n’arrivera pas et je finirai par me retrouver tout seul sur la piste des deux lacs ! Nous jouons à 19h aujourd’hui. Ce sera le dernier set de la semaine. Je monte sur scène avec l’envie d’en profiter un maximum et déjà une forme de nostalgie. Le temps passe vite et le concert se termine avec “Allumer le feu” de Johnny Hallyday. Le claviériste et moi ne connaissons pas le morceau. Nous regardons attentivement le bassiste qui nous dicte les accords tout en jouant : “Fa, mi, ré…”. Après une semaine à faire ça je commence à avoir l’habitude et un tour plus tard j’ai le morceau dans les doigts. Ça envoie bien, on s’amuse sur scène et le public y est réceptif.

Lever dimanche à 7h pour embarquer les valises dans les voitures. Nous filons ensuite au petit-déjeuner. La météo s’annonce très bonne avec un beau grand ciel bleu. Un peu frustrant de voir ça le matin du départ ! Il y a d’ailleurs déjà beaucoup de monde en tenue de ski qui prend des forces avant d’aller sur les pistes. Bande de veinards ! Je croise un anglais chevelu qui me demande de quelle année est ma guitare, m’explique qu’il joue plutôt sur une électrique. J’enfile mon “english breakfast” et prépare un sandwich pour la route et nous quittons Val Thorens à 8h30. En bas du col le GPS nous fera passer par le Lac D’Annecy et les routes départementales. Pas idéal pour le confort de conduite mais une économie de 100 km en essence et moins de péages. Nous arriverons à 18h au lieu de rendez-vous. Je récupère ma voiture et roule en direction de la maison ou ma petite famille m’attend, des souvenirs plein la tête et l’envie de leur raconter tout cela en les serrant très fort dans mes bras.

Quelques conseils avant de partir :

En préparant les valises pensez à bien séparer ce qui est musique du reste. Comme les chambres ne sont pas sur place et que vous êtes susceptible e jouer le premier soir, rassembler tout le matériel musique dans un sac à part. Vous pourrez laisser votre valise à l’appart et apporter le reste au village.

Je vous conseille aussi de préparer les chansons dans leur entièreté. C’est-à-dire de bien connaître les différentes parties, de savoir les enchaîner et de ne surtout pas compter sur une répète. Une fois sur place, il n’y a pas le temps pour répéter. La setlist est déterminée une petite heure avant de monter sur scène et il faut savoir jouer les morceaux directement. Lancer les intros, avec les bons tempos, de manière créative, avec un bon son. Vous devrez être prêt à improviser un beau solo sur les grilles, avec les variations, à n’importe quel moment. Ce n’est pas évident. Le mieux c’est de connaître les chansons par cœur.

C’est important d’apprécier le répertoire qui va être joué. C’est la raison pour laquelle j’ai particulièrement apprécié mon concert du jeudi dans l’espace Lounge. J’ai pu jouer un répertoire en français que je connais bien, que j’apprécie et qui correspond à mon jeu de guitare actuel. Dans la formule full band c’est d’ailleurs dans les moments acoustiques (Layla, Caravane, Hallelujah, etc.) que je parvenais à m’exprimer le mieux.

Il faut vraiment aimer jouer des reprises. Il n’y a pas beaucoup de place pour un répertoire original. Je remercie Fred de m’avoir donné la possibilité de jouer mes chansons sur scène mais ce n’est pas toujours comme ça et la plupart du temps vous jouerez des reprises qui plaisent à un public international. Des “cocottes” comme on dit dans le jargon.

Pour le Club Med en hiver, c’est vraiment important d’aimer skier. A part des promenades en raquettes, vous n’aurez pas grand chose d’autre à faire de vos journées.

J’en ai parlé plus haut mais je le répète : il faut savoir improviser des solos sur toutes les grilles. Et sans fausses notes, le public vous écoute en direct et vos amis musiciens aussi.  J’ai donc beaucoup utilisé la gamme pentatonique dont je parle dans cet article !

Il ne faut pas compter sur l’ingé son qui sera sur place et donc avoir une autonomie en prenant un ampli.

Il faut aimer la vie en groupe et les rencontres avec d’autres musiciens. J’ai eu la chance de me retrouver dans un super groupe, avec des musiciens très sympas. Ils m’ont tous appris plein de choses en les écoutant jouer mais aussi lors de nos nombreuses discussions. Vous passerez beaucoup de temps avec les musiciens du groupe. Mieux vaut bien tomber.

Pour résumer :

Les +++

  • Le ski aux 3 vallées qui est le plus beau domaine skiable du monde !
  • La formule all inclusive avec des buffets très sympas et variés. On ne pense plus à rien et cela fait partie de l’expérience “déconnexion”.
  • En jouant tous les soirs un concert de 90 minutes pendant une semaine on apprend beaucoup de choses.

Les  —

  • Les frais supplémentaires : le voyage A/R, le forfait de ski, l’accès WIFI premium (30 euros la semaine), les boissons payantes, le saune/hamman payant.
  • Le logement à l’extérieur du village.
  • Le manque d’ingé son compétent (je n’ai peut-être pas eu de chance cette semaine là), de matériel pro (table de mixage correcte, compresseur, EQ, reverb) et d’ampli guitare sur place.
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La table de mixage de l’espace lounge du Club Med de Val Thorens

Voilà mon retour d’expérience en tant que guitariste au club med. Avez-vous déjà eu l’occasion de jouer au club ou dans le même genre de configuration, cela vous tenterait-il d’essayer? Dites-moi dans les commentaires ce que vous pensez de tout ça, je vous lirai et y répondrai avec plaisir !

J’en ai profité pour réaliser un petit vlog qui reflète l’ambiance de cette semaine en vidéo :

La gamme pentatonique à la guitare : c’est super facile et très efficace !

La gamme pentatonique est de loin la gamme la plus utilisée en guitare. Comme son nom l’indique elle est composée de cinq (penta) tons (tonique), c’est-à-dire de cinq notes. Le gros avantage c’est qu’il n’y a pas de demi-ton dans la gamme pentatonique ce qui la rend facile à jouer en toutes circonstances. Les cinq notes de la gamme pentatonique sonnent bien tout le temps, sur n’importe quelle grille, sur n’importe quel accord. L’autre très grand avantage de la gamme pentatonique c’est qu’elle est facile à mémoriser car elle est visuellement très claire. Il existe quatre grandes familles de gammes pentatoniques :

1. La gamme pentatonique majeure

Ce sont les touches noires du piano ! En Do, ce sont les 5 notes suivantes : Do, Ré, Mi, Sol, La. C’est comme la gamme de Do majeur avec deux notes en moins : le Fa et le Si. Fa et Si se situent à 1/2 ton d’une autre note (Mi et Do), ce sont deux notes à utiliser avec précaution car les 1/2 tons peuvent facilement être dissonants. La gamme pentatonique présente l’avantage de ne pas avoir de note située à 1/2 ton d’une autre. Vous ne devrez pas être autant attentif aux dissonances. On remarque également que la tierce de la gamme est majeure (Do => Mi = 2 tons), raison pour laquelle on parle de gamme pentatonique majeure. Sa structure est la suivante : tonique – seconde majeure – tierce majeure – quinte juste – sixte majeure. Au niveau des positions sur la guitare, ça donne ceci :

 

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Gamme pentatonique majeure

Vous voyez que le schéma est simple à mémoriser et facile à jouer. Il s’agit de la première position, sur une seule octave. Elle peut être déclinée sur tout le manche et plusieurs octaves. Je vous conseille, dans un premier temps, de l’apprendre à fond et de l’utiliser un maximum pour improviser. Vous pourrez ensuite apprendre les autres positions. Je me souviens très bien avoir passé des dizaines d’heures, adolescent, à improviser avec cette gamme sur mes disques d’AC/DC et de Guns ‘N’ Roses ! Faites-le aussi. Lancez un morceau que vous aimez, prenez votre guitare et improvisez dessus en utilisant la gamme pentatonique. Vous verrez, c’est super chouette à faire. Lorsque vous improvisez essayez d’insérer, de temps à autre, des notes de la gamme majeure dans votre solo. Vous verrez qu’elle est imbriquée dans la gamme pentatonique majeure. Passez de l’une à l’autre, cela développera votre oreille et votre dextérité.

C’est une gamme à connaître sur le bout des doigts. Elle est très polyvalente et tous les grands guitaristes l’utilisent dans leurs solos. C’est aussi de la gamme pentatonique majeure que découle la gamme pentatonique mineure ! Je vous expliquerai cela un peu plus loin. La gamme pentatonique mineure est encore plus souvent utilisée par les guitaristes. Moi-même j’utilise beaucoup plus souvent la gamme pentatonique mineure. Je vais vous faire une confidence :  je n’utilise que la gamme pentatonique mineure ! Si je vous l’avais dit en début d’article, vous n’auriez pas fait l’effort d’apprendre la version majeure. C’est pourtant important de la connaître aussi.

2. La gamme pentatonique mineure

C’est LA gamme la plus importante à connaître pour un guitariste. S’il n’y avait qu’une seule gamme à connaître, ce serait la gamme pentatonique mineure. C’est une déclinaison de la gamme pentatonique majeure dont la structure est la suivante : tonique – tierce mineure – quarte juste – quinte juste – septième mineure. En Do cela donne ceci : Do – Mib – Fa – Sol – Sib. Sur la guitare, la position de base sur une seule octave est  la suivante. Je le répète : c’est LA position que chaque guitariste doit connaître par cœur ! Donc allez-y !

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Gamme pentatonique mineure

Il existe d’autres positions que l’on verra plus tard. Essayez pour le moment de bien la faire rentrer dans vos doigts et aussi dans votre oreille en la pratiquant dès que vous pouvez : en improvisant sur vos chansons préférées par exemple ! Allez-y, mettez une chanson, trouvez la tonalité d’oreille et utilisez la gamme pentatonique mineure pour improviser.

 

Il existe une connexion entre la gamme pentatonique majeure et la gamme pentatonique mineure. Prenons par exemple la gamme de Do pentatonique majeure et La pentatonique mineure :

Do pentatonique majeur :     Do Ré Mi Sol La

La pentatonique mineur : La Do Ré Mi Sol

Comme vous le voyez ce sont les mêmes notes, dans un ordre différent. A chaque gamme majeure correspond donc une gamme mineure : on parle de gamme relative majeure ou mineure. Attention, si les notes sont les mêmes, les toniques et les intervalles ne le sont pas ! Par exemple :

Do Ré Mi Sol La => La tierce de Do est majeure (Do => Mi : 2 tons)

La Do Ré Mi Sol => La tierce de La est mineure (La => Do : 1,5 tons)

Avec les mêmes notes on obtient donc deux gammes aux couleurs très différentes : l’une est majeure et l’autre est mineure. La est la gamme relative mineure de Do et Do est la gamme relative majeure de La. Cette relation d’1,5 tons fonctionne dans toutes les tonalités et je vous encourage à connaître les principales par cœur :

C = A–, D = B–, E =C#–, F = D-, G = E –, A = F#-, B = G#-, etc.

A quoi cela peut-il bien servir de connaître cela? A pouvoir improviser avec la gamme mineure pentatonique sur une tonalité majeure. En effet, si la chanson sur laquelle vous voulez improviser est en majeur il vous suffit de trouver la tonalité mineure relative pour pouvoir utiliser la gamme mineure pentatonique dessus. C’est ce que je fais systématiquement ! Je vous disais plus haut n’utiliser que la gamme mineure pentatonique pour improviser et c’est grâce à ce principe de tonalité relative que j’y arrive. Et si j’y arrive, vous pouvez y arriver aussi !

Faites l’exercice suivant : choisissez une chanson dans une tonalité majeure comme par exemple Twist and Shout des Beatles :

/ D G / A7  /

Quelle est la tonalité du morceau? Aller, faites un effort ! D majeur, merci Winking smile Quelle est donc la tonalité mineure relative? B mineur en effet ! Vous pouvez donc utiliser la gamme de B mineur pentatonique pour improviser sur une grille en D majeur. Elle est pas belle la vie?

Continuons avec les gammes pentatoniques en rajoutant une petite note apporte une couleur musicale blues : la fameuse note bleue (en anglais blue note), reprise ensuite dans le jazz. Blue note est une abréviation de “blue devils” (“diables bleus”) qui signifie “idées noires” et qui est utilisée par les musiciens pour donner un maximum d’expression à leur jeu. Je vous invite à aller lire les explications sur Wikipedia :

L’origine de la note bleue se trouve dans le système musical pentatonique africain. La confrontation des Noirs américains avec le système tonal européen et ses sept degrés a engendré l’adaptation du troisième et du septième degré (absents de leur gamme) en les infléchissant d’un demi-ton soit vers le mode mineur, soit vers le mode majeur. D’où l’ambiguïté du climat harmonique et affectif de cette musique dans laquelle coexistent les tonalités majeure et mineure, joie et tristesse. Source Wikipedia

3. La gamme blues majeure

Certaines personnes considèrent la gamme blues comme une gamme pentatonique mineure agrémentée d’une note supplémentaire. C’est vrai que les deux sont très proches (raison pour laquelle elles apparaissent dans le même cours). Je vous conseille néanmoins de considérer la gamme blues comme une gamme à part entière. Voici le schéma de la gamme blues majeure :

 

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Gamme pentatonique blues majeure

 

4. La gamme blues mineure

C’est la gamme de référence en blues. On rajoute la blue note à la gamme pentatonique mineure. Cette blue note est une quarte augmentée, souvent considérée comme une note de passage, une notre chromatique entre le degré 3 et 4 ou un triton. En Do ça donne : Do Mib Fa Fa# Sol Sib :

gammepentatonique
Gamme pentatonique blues mineure

Essayez maintenant d’utiliser ces gammes pour improviser sur une grille blues. C’est quoi une grille blues? C’est une grille composée de 12 mesures. En Do, cela donne ceci :

/ C7 / C7 / C7 / C7 /

/ F7 / F7 / C7 / C7 /

/ G7 / F7 / C7 / G7 /

Les blues en Do sont plus rares que les blues en Mi ou en Sib. Voici une grille en Mi :

/ E7 / E7 / E7 / E7 /

/ A7 / A7 / E7 / E7 /

/ B7 / A7 / E7 / B7 /

Le plus simple pour pouvoir jouer un blues dans toutes les tonalités est de réfléchir en degrés :

/ I7 / I7 / I7 / I7 /

/ IV7 / IV7 / I7 / I7 /

/ V7 / IV7 / I7 / V7 /

Vous pouvez également utiliser les gammes pentatoniques dans vos compositions. Je les utilise pour écrire des riffs de guitare ou pour mes lignes de chant :

Lorsque vous cherchez à écrire une ligne de chant sur une grille d’accord, la gamme pentatonique est une alliée de taille. Essayez d’abord de trouver la tonalité de la chanson. Utilisez ensuite le principe des relatifs majeurs et mineurs pour trouver la gamme mineure correspondante. Jouez là sur votre grille en chantant et vous verrez que cela va vous aider à trouver des idées de lignes mélodiques faciles à chanter et qui restent dans l’oreille.

Pour composer un riff à partir de la gamme pentatonique partez de la tonalité du morceau et jouez la gamme pentatonique correspondante en pensant à un gimmick, un petit motif qui se répète, qui se différencie de l’harmonie et qui parvient à capter l’oreille. Vous allez voir que les idées finissent par arriver et qui sait, vous composerez peut-être un nouveau riff comme ceux de “Killing in the name” ou “Are you gonna go my way”

Voilà donc une bonne entrée dans le monde des gammes pentatoniques. Quelle en est votre utilisation? Improvisez-vous plutôt avec la gamme pentatonique majeure, mineure ou blues? L’utilisez-vous également dans vos compositions pour les lignes de chants ou vos riffs d’intro? Dites-moi dans les commentaires, je suis curieux. N’hésitez pas non plus à me poser vos questions car je réponds à tout Winking smile

11 astuces pour progresser rapidement à la guitare

Il existe beaucoup de conseils différents pour progresser rapidement à la guitare. Voici une liste qui reprend ce qui fonctionne vraiment pour moi.

1. Se fixer un objectif clair

progresser guitare

Tout le monde se fixe des objectifs. Le problème c’est qu’on se les fixe sans réellement creuser. Pour faire la différence, il faut agir différemment, aller à l’opposé de la masse des personnes qui se fixe des objectifs sans vraiment aller au fond. Essayez donc de réellement vous poser la question : pourquoi voulez-vous apprendre à jouer de la guitare? Pourquoi est-ce si important pour vous? Proposez une réponse précise à court, moyen et à long terme. La guitare a été pour moi avant tout un moyen de me différencier des autres. Le grunge était en plein essor pendant mon adolescence. J’avais les mêmes cheveux longs, pulls et jean troués que Kurt Cobain. Il ne manquait plus que la guitare ! Il faut bien avouer que ça fonctionnait bien pour se faire remarquer, pour montrer qu’on était unique. Unique dans un grand stéréotype, nous sommes bien d’accords. Mais bon, j’avais l’impression de sortir du lot, de me démarquer. Il ne restait plus qu’à apprendre à en jouer. Au plus je progressais, au plus mon entourage était impressionné, au plus j’avais envie de progresser. Un vrai cercle vertueux ! Aujourd’hui, vingt ans plus tard, plusieurs disques, des tournées et des collaborations fructueuses, la guitare est devenue mon métier. Et oui, je vis la vie dont j’ai rêvé quand j’avais 16 ans ! Grâce à ma guitare je rencontre beaucoup de monde : ceux qui viennent chanter une reprise à la maison, les musiciens qui m’accompagnent sur scène, mon entourage professionnel (paroliers, agent, impresario, ingés sons), les artistes que je croise dans les coulisses, le public que je rencontre à la fin de mes concerts, les élèves à qui j’enseigne, les professeurs qui m’ont enseignés etc. La liste est longue. Je n’aurais jamais rencontré toutes ces personnes sans la guitare. Ma guitare m’a emmené jusqu’en Chine où je suis allé défendre mes chansons en français. Les salles étaient pleines à craquer, ce fut une expérience très enrichissante. On vient de me contacter pour me proposer de partir gratuitement une semaine au Club Med de Val Thorens faire du ski la journée et jouer de la guitare le soir. Une opportunité qui m’est tombée dessus sans que je démarche : le responsable du groupe a vu mes vidéos de reprises sur YouTube et m’a contacté. La guitare est donc une véritable machine à opportunités et je remarque un lien direct entre une pratique régulière et les occasions qui se présentent à moi. Quand je me sens démotivé, je pense à ça et je repars ! J’espère aussi, avec la guitare, être un jour une source d’inspiration pour mes enfants. J’aimerais que cela leur donne envie de se lancer dans une passion et de s’y tenir. Pas nécessairement la guitare mais un domaine qui les anime et dans lequel ils auront envie de progresser. Parce que se sentir avancer, encore aujourd’hui, est une excellente source de vitalité. On est fier de soi ! En concentrant votre énergie sur ces objectifs (rencontrer de chouettes personnes, être une source d’inspiration pour ses enfants, etc.) et en pensant aux bienfaits qu’il vous apporte dans votre quotidien, vous progresserez, inévitablement. Pas pas, graduellement, mais vous avancerez. Et dans les moments de doute vous n’aurez plus qu’à vous reconnecter pour retrouver votre motivation.

2. Etablir un plan à partir de ce qui vous passionne

progresser guitare

La manière la plus efficace d’atteindre votre objectif est d’établir un plan et de vous y tenir. En tant que musiciens nous avons souvent tendance à nous laisser aller à jouer ce qui nous passe par la tête. Le temps passe, on s’amuse mais les progrès sont faibles. Pour progresser, la loi de Pareto (20/80) est d’une efficacité redoutable lorsqu’on a un plan clair : vous allez vous concentrer sur les 20% les plus importants et éviterez de pratiquer des exercices qui ne vous apportent rien. Vous adorez la guitare acoustique? A quoi bon travailler le shredding? Vous voulez monter un groupe de reggae, à quoi bon travailler le fingerstyle? Vous voulez jouer des reprises, à quoi bon apprendre la théorie? Et vice versa. Vous avez compris l’idée. Fixez votre objectif à partir de ce qui vous passionne en guitare et rassemblez les éléments nécessaires pour y parvenir. Il n’en faut pas plus de cinq. C’est un bon exercice pour arriver à donner des priorités. Illustrons cela par un exemple concret : mon objectif actuel est de rencontrer des chanteurs et des chanteuses en les invitant à participer à mon émission “reprises des classiques de la chanson” sur YouTube. Le cadre est simple : une guitare et une voix. Pour éviter la monotonie je dois proposer à chaque fois un arrangement guitare intéressant. Ma priorité est donc d’élaborer mon bagage en guitare d’accompagnement et en fingerstyle particulièrement. Je me concentre donc sur l’apprentissage de nouvelles techniques fingerstyle et sur les transcriptions des classiques de la chanson française. Je ne passe pas une seule seconde à travailler les techniques de sweep picking ou de solos bebop. Faites la même chose : pensez à ce que vous adorez jouer à la guitare et établissez un plan d‘attaque.

3. Pratiquer 5 jours par semaine

progresser guitare

La pratique régulière est une des clés du progrès. C’est valable dans toutes les disciplines ; artistiques, sportives et professionnelles. Essayez de pratiquer tous les jours de la semaine et profitez du weekend pour laisser votre corps assimiler. Une méthode qui fonctionne à merveille c’est de mettre en place une routine, comme par exemple prendre sa guitare en main dès qu’on s’est brossé les dents. Comme vous vous brossez les dents tous les jours (enfin, j’espère pour vous), vous finirez par jouer de la guitare tous les jours, même si ce n’est que quelques minutes. Mais au moins vous allez jouer tous les jours et ce sera souvent plus longtemps que prévu ! Essayez de trouver une habitude que vous avez déjà. Engagez-vous à prendre votre guitare en main juste après et de jouer au minimum un accord. La plupart du temps vous jouerez plus qu’un accord mais cela vous permettra de respecter votre engagement, même dans les moments où vous n’avez vraiment pas envie de jouer. Après plusieurs mois vous aurez clairement progressé, simplement en jouant un petit peu tous les jours ! Le plus important c’est de respecter votre “engagement”. Si vous avez décidé de jouer de la guitare après le brossage de dents, le dessert ou la douche, faites-le, prenez votre guitare en main et jouez un truc. Créer une habitude est un excellent moyen de jouer tous les jours. Vous verrez qu’en quelques semaines cela sera devenu tout à fait naturel de jouer de la guitare tous les jours.

4. Faire les exercices à fond

Vous avez un plan, vous savez ce que vous devez travailler. Maintenant il va falloir le faire à fond. C’est pas évident, il faut bien l’avouer. Il m’arrive encore régulièrement de faire un exercice du bout des doigts. Pourtant, la manière dont vous faites une chose est la manière dont vous allez faire toutes les choses. Maintenant que vos objectifs sont clairs, essayez de vous donner à 100% lorsque vous pratiquez. Le confort ne génère pas de résultats et vous êtes le seul arbitre. Il faut donc être exigeant avec vous-même, élargir votre zone de confort (pas nécessairement en sortir) pour élargir vos résultats. Faites le choix d’être précis dans vos exercices, de travailler ce qui est vraiment nécessaire, de ne pas vous laisser aller. L’oreille n’est pas mon point fort et je déteste la travailler. Jouer des reprises sur YouTube me force à les transcrire. C’est un bon moyen d’être obligé de travailler mon oreille et les échéances sont souvent très courtes. Je dois donc être concentré et efficace dans mes transcriptions. Essayez de trouver un moyen de vous obliger à pratiquer à fond !

5. Persévérer

Une phrase d’Anthony Robbins (dont je ne suis pourtant pas vraiment fan) illustre parfaitement ceci : “La plupart des gens surestiment ce qu’ils peuvent faire en un an et ils sous-estiment ce qu’ils peuvent faire en deux ou trois décennies”. Visez le moyen et le long terme. Vous verrez qu’on peut acquérir une véritable maîtrise de la guitare en maintenant le cap. La majorité des gens abandonnent parce qu’ils veulent des résultats rapides. Patience ! La persévérance et la pratique régulière donnent des résultats inimaginables. Apprendre à jouer le thème, le walking bass et à improviser sur Donna Lee m’a demandé des mois de travail, si pas des années. En attaquant les premières notes du morceau j’étais complètement découragé. J’avançais lentement, deux mesures par jour, je me trouvais tellement nul ! J’écoutais les versions des grands maîtres et ça me décourageait encore plus ! Pourtant j’ai fini par y arriver, comme vous pouvez le voir dans cette vidéo. Si j’y suis arrivé, vous pouvez y arriver aussi.

6. Prendre des cours

Les autodidactes qui jouent comme des bêtes existent. Il y en a plein, tant mieux pour eux! Avec le recul, je sais aujourd’hui que je n’ai jamais autant progressé en guitare que lorsque j’ai suivi des cours. A la GIT de Londres ou au Jazz Studio d’Anvers (Belgique) et encore plus tard, lorsque je suis retourné à l’académie pour reprendre des cours de guitare jazz. J’étais pourtant déjà musicien professionnel depuis plus de dix ans. Suivre une formation n’est pas évidente car il faut avant tout choisir la bonne formation, la bonne personne, trouver le meilleur prof, celui qui vous correspond. Et ça prend du temps, il faut essayer. Une fois que vous l’aurez trouvé, en physique ou sur internet, vous allez progresser beaucoup plus rapidement. Vous gagnerez du temps, ce qui est le plus précieux, parce que votre prof vous montrera ce qu’il faut faire pour obtenir des résultats, il vous corrigera, il vous motivera, il vous inspirera. C’est la raison pour laquelle il faut absolument le voir toutes les semaines. Vous n’aurez pas envie de vous retrouver devant lui pour lui dire que vous n’avez rien fait.

7. Jouer dans un groupe

progresser guitare

C’est un merveilleux accélérateur. Déjà parce que c’est amusant de se retrouvez entre musiciens passionnés, dans un groupe, pour jouer des chansons qu’on apprécie. En plus, par respect pour vous et pour les autres, vous n’aurez pas envie d’arriver à la répétition sans connaître les chansons, ce qui vous motivera pour bien les préparer! Vous pourrez partager vos expériences avec les autres musiciens du groupe qui, étant musiciens également, vous comprendront très bien! Ce soutien mutuel fait un bien fou. Vous vous sentirez moins seul. En voyant les autres progresser vous aurez vous-même envie de progresser : “si lui peut le faire, moi aussi je peux le faire”. Profitez de cette émulation! Toutes ces heures travaillées à la maison se concrétisent pendant les répétitions et après sur scène, pour vos premiers concerts ! Ça va vous donner énormément d’énergie.

8. Composer vos chansons

C’est une très bonne chose d’apprendre à jouer les chansons des autres. Il y a une grande leçon à apprendre dans chaque chanson. Parallèlement à ça vous devez commencer à composer votre propre musique, sans vous mettre la pression. Le but est de développer votre univers en composant la musique qui vous fait vraiment vibrer, qui vous fait rêver. A force d’écrire vous allez vous améliorer, percevoir de plus en plus précisément ce qui vous correspond, ce que vous faites le mieux. Je n’écris pas les paroles de mes chansons par exemple. Ce n’est pas mon fort. Pourtant j’adore lire les beaux textes des grands auteurs de chansons comme Claude Lemesle que j’ai eu l’occasion de rencontrer. J’ai tellement de respect pour les textes que je préfère me concentrer sur ce que je fais de mieux : écrire les musiques et les arranger. Je délègue donc l’écriture des textes à des auteurs et j’ai la chance de travailler avec des mecs comme Joseph D’Anvers et Arman Méliès qui ont collaborés avec Alain Bashung, Julien Doré ou Hubert Félix Thiéfaine. Encore de belles rencontres ! Pensez à développer votre créativité, à trouver votre propre style, votre esthétique particulière et à collaborer avec les personnes qui vous aideront à avancer vers ce but.

9. Passer à l’action

progresser guitare

C’est très important de concrétiser ce que vous apprenez, ce que vous lisez. Vous devez prendre votre guitare et appliquer les concepts. Il doit toujours y avoir un équilibre entre la théorie et la pratique. Mettez en place directement ce que vous venez d’apprendre. Intégrez-le dans votre routine. Faites-le tout de suite, là, maintenant ! Commencez, même si ce n’est que 5 minutes mais commencez.

10. Lancer des défis

Annoncer des défis qui ont de la gueule sur les réseaux sociaux vous obligent à vous y atteler parce que vous n’aurez pas envie de dire que vous n’y êtes pas arrivé. Vous n’y arriverez peut-être pas mais au moins vous aurez essayé. C’est le plus important ; s’y mettre ! C’est ce que j’ai fait lorsque j’ai lançé mon défi 1 nouveau toutorielpar jour pendant 2 semaines. Les gens adorent suivre les vrais défis ambitieux. Il ne faut pas que ce soit bidon. Vous allez vous démarquer, vos premiers lecteurs seront excités, vous vous sentirez porté par les encouragements et les réactions, cela vous motivera à continuer. Vous allez créer des fidèles qui reviendront, qui s’abonneront. Imaginez un défi un peu fou que vous pourriez vous lancer et annoncez-le sur vos réseaux sociaux. Allez-y!

11. Célébrer

progresser guitare

C’est mon astuce préférée et pourtant je ne le fais pas assez. C’est important d’envoyer un message clair à votre cerveau : ça vaut la peine de faire tous ces efforts parce qu’après on va s’éclater ! En l’appliquant vous allez prendre goût au travail et surtout au travail qui vous fait progresser, qui vous apporte des résultats. Ce sont ces résultats qu’il faudra célébrer. Vous voudrez plus de résultats pour célébrer plus souvent, c’est un cercle vertueux ! Commencez donc par célébrer chaque jour ce que vous avez accompli de bien. Et puis le jour où vous arrivez enfin à jouer votre premier barré, faites péter le champagne ! Quand vous aurez compris les modes, accordez-vous un massage californien. Lorsque vous aurez monté votre premier groupe de reprise, allez tous faire la fête autour d’un bon repas. Que ce soit avec une sortie, un weekend en amoureux ou une plaquette de chocolat noir, faites-le, récompensez-vous!

Voilà donc 11 astuces qui fonctionnent pour moi, qui me permettent de progresser à la guitare, de garder le moral et la motivation pendant les traversées du désert. Dites-moi dans les commentaires ce qui vous fait avancer, ce qui vous motive à fond ou ce qui vous décourage le plus !

CAGED SYSTEM : savoir tout jouer avec 5 accords très simples

Connu sous le nom de CAGED SYSTEM, ce concept que j’ai appris pendant mes études de guitare à Londres est très puissant. Je m’en sers tout le temps pour jouer des reprises ou dans mes compositions, à la fois pour jouer des accords mais aussi pour les gammes et les arpèges. C’est la porte d’entrée pour accéder au niveau supérieur et en pratiquant régulièrement vous finirez par le maîtriser complètement. Grâce à ces 5 accords de guitare vous pourrez vraiment TOUT jouer : tous les accords que vous voulez, toutes les gammes et tous les arpèges !

Le CAGED SYSTEM

CAGED ce sont les noms, dans l’ordre, des accords magiques : C (Do M), A (La M), G (Sol M), E (Mi M), D (Ré M). Il s’agit des versions basiques, ‘”feu de camp”, de ces accords, joués en début de manche comme sur les schéma ci-dessous :

CAGED SYSTEM

Ce qui est magique avec ces 5 accords c’est qu’ils sont tous transposables. En utilisant le principe du barré vous pourrez les jouer à n’importe quelle hauteur sur le manche de votre guitare. Certains accords, comme le D ou le G seront plus compliqués à placer. C’est tout de même un très bon exercice de souplesse des doigts d’essayer de le faire et cela vous servira surtout pour les gammes et les arpèges, on y reviendra. Concentrons-nous sur la transposition de ces accords. Prenons l’exemple du E. Si vous avancez l’accord d’une case et que votre index de la main gauche joue le barré, vous obtenez un F. En continuant à monter d’une case, vous obtiendrez un F#. Une case plus haut, la troisième, ce sera un G. Et ainsi de suite ! Un seul accord, le E, vous permet de jouer tous les accords que vous voulez en le transposant :

CAGED SYSTEM

Evidemment, et c’est là que c’est le coup de massue, ce concept est valable pour les 5 accords du CAGED SYSTEM : vous pouvez tous les transposer partout sur le manche ! Transposez A par exemple en le jouant une case plus loin et en barrant les cordes avec l’index de votre main gauche. Vous obtiendrez un Bb. Encore une case plus loin et vous aurez un B. Et puis C, Db et ainsi de suite :

CAGED SYSTEM

Commencez donc par explorer les différentes possibilités offertes par ces 5 accords en les transposant partout sur votre manche. Essayez ensuite de jouer une progression d’accords simple, comme la Bamba (C F /G  /) en commençant par le début du manche :

CAGED SYSTEM

Un fois que c’est bon, ce qui devrait être simple, essayez de jouer la même progression à partir de la troisième case. Quels accords allez-vous utiliser? Le C sera la forme du A transposé à la troisième frette, le F sera la forme du D transposé à la troisième frette et le G sera la forme du E transposé à la troisième frette :

CAGED SYSTEM

Essayons maintenant de jouer la même progression d’accord dans la zone de la cinquième frette. Qu’obtenez-vous? Aller, faites un effort Smile Le C est une forme de G transposé à la cinquième frette,  le F devient une forme de C transposé à la cinquième frette et le G est une forme de D transposé à la cinquième frette.

CAGED SYSTEM

Vous allez me dire que c’est bien beau mais quel est l’avantage de jouer une progression d’accord plus haut sur la manche? Le premier gros avantage c’est que cela vous permet de jouer tous les accords avec des dièses ou des bémols : F#, Ab, Db, G#, etc. Deuxième avantage : vous pouvez choisir où vous allez jouer votre progression d’accords. Vous ne serez plus obligé de le jouer en début de manche systématiquement. Ca devient vraiment intéressant lorsque vous voulez arranger une chanson, compléter une progression d’accords déjà jouée en début de manche, proposer une intro originale ou un pont. Troisième avantage : ces 5 positions vont vous permettre de jouer toutes les gammes et tous les arpèges.

Les GAMMES grâce au CAGED SYSTEM

Les 5 accords du CAGED SYSTEM peuvent être déclinés en 5 GAMMES majeures. 1 accord = 1 gamme. Ce qui est intéressant dans cette approche c’est que vous connaissez déjà les positions des accords. Vous aurez donc un repère visuel qui vous aidera pour apprendre la gamme correspondante. En jouant cette gamme vous verrez directement où se situent les notes importantes (tonique, tierce, quinte), puisqu’il s’agira des notes de l’accord correspondant.

CAGED SYSTEM

Dans le diagramme ci-dessus : C + La gamme de Do majeur, A + la gamme de La majeur, G + la gamme de Sol majeur, E + la gamme de Mi majeur, D + la gamme de Ré majeur

Les ARPEGES grâce au CAGED SYSTEM

Vous voyez donc que les gammes et les accords sont à chaque fois intimement liés. Allons encore plus loin en déclinant maintenant les arpèges de chaque position du CAGED SYSTEM. Maintenant que vous pouvez jouer chaque accord et chaque gamme correspondante il sera plus simple de jouer les arpèges. Il s’agit en effet des notes de l’accord jouées les unes après les autres. Reprenons le premier accord du CAGED SYSTEM : C. Pincez la tonique de l’accord (la note do) et continuez en avançant vers les notes plus aigues : mi (deuxième case – troisième corde), sol (à vide) sur la quatrième corde, do (première case – cinquième corde) et mi (à vide) sur la corde la plus aigue. revenez ensuite vers la tonique. Voilà, vous avez joué l’arpège de Do majeur. Simple, non? Et la bonne nouvelle c’est que ce principe fonctionne avec les 5 accords du CAGED SYSTEM, dans toutes les tonalités !

CAGED SYSTEM

Vous pouvez donc constater que le concept de CAGED SYSTEM est très porteur. Avec un peu de pratique régulière vous parviendrez à le maîtriser à à enchainer les accords/gammes/arpèges sans même y réfléchir. Je dois bien vous avouer que j’ai eu du mal au début. Ca me semblait complexe ce truc ! Aujourd’hui je l’utilise sans même y réfléchir et comme je vous disais au début de cet article je m’en sert dans tout, tout le temps.

Dites-moi dans les commentaires ce que vous pensez de ce concept de CAGEG SYSTEM. Avez-vous envie de l’apprendre, de l’intégrer dans votre bagage guitaristique? L’avez-vous déjà utilisé dans une compo originale, dans une reprise ou un arrangement? Partagez tout cela dans les commentaires, c’est ça aussi le principe de ce blog, c’est de partager nos expériences autour de la guitare. Laissez-moi un commentaire, j’y réponds systématiquement Smile

Merci, à bientôt pour un autre tutoriel,

Olivier Juprelle

3 principes pour enfin réussir vos “walking bass” à la guitare

Cet article est une traduction d’un cours reçu au Guitar Institute of Technology par Mario Abagliadi, un professeur qui, comme Eric Roche, m’a beaucoup aidé pendant mon parcours musical en jazz à Londres. Ce cours m’a beaucoup aidé à développer mes “walking bass” à la guitare parce qu’il est clairement expliqué. J’ai donc décidé de le traduire et de le partager avec vous !

Les guitaristes de jazz qui qui créent une “walking bass” efficace utilisent trois principes généraux :

1. Approche chromatique de la tonique de l’accord

2. Arpèges avec notes de passage chromatiques (NPC)

3. Lignes aux allures de gamme avec ajout de NPC

Avant d’attaquer avec ces 3 approches pour construire un “walking bass”, voici quelques constatations préalables :

A) Dans presque tous les cas la tonique et la quinte de l’accord doivent figurer sur les temps forts de la mesure, à savoir le un et le trois.

B) Une ponctuation avec des accords brefs donnera l’impression à l’auditeur qu’il écoute un “full band”. Ils ont tendance à se produire sur le “et” du un et le “et” du trois

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C) Les voicings à trois notes sont très utiles dans ce contexte car les doigtés sont plus simples à exécuter. Vous minimiserez les difficultés techniques tout en soulignant les couleurs de base de l’accord.

D) Pour intensifier le “swing” je vous conseille d’accentuer les temps deux et quatre. Vous y parviendrez d’autant mieux en pratiquant avec une métronome et une pulsation sur les deux et quatre.

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Regardons maintenant les trois principes dans le détail. Nous utiliserons un blues en Do pour illustrer chaque concept.

1. APPROCHE CHROMATIQUE DE LA TONIQUE DE L’ACCORD

C’est le concept le plus simple et le plus efficace : approcher la tonique de l’accord par un demi-ton supérieur :

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Ou inférieur :

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Comme vous pouvez le constater, le ciblage chromatique survient toujours sur les temps deux et quatre. Il est courant de mélanger les deux approches en construisant une ligne :

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C’est la meilleure méthode lorsqu’il y a deux accords par mesure parce que vous n’avez que deux noires disponibles dans la mesure. Le problème c’est que ça peut vite sonner monotone et téléphoné si vous ne le mélangez pas avec un autre concept. Les variations seront vite limitées.

2. ARPEGES AVEC NOTES DE PASSAGE CHROMATIQUES (NPC)

L’utilisation des arpèges d’un accord est judicieuse pour vous aider à construire un “walking bass” mélodiquement et harmoniquement intéressant. L’utilisation de notes de passage chromatiques vous aideront à adoucir le développement de votre ligne. Comme ici, sans NPC :

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Ou avec NPC :

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Une fois que vous aurez pris conscience de la manière de développer une ligne vous verrez qu’il n’est pas possible de proposer un walking bass musical avec une seule approche. Vous allez devoir mélanger les trois concepts. Comme pour le point un, les arpèges avec ou sans NPC ne vous donneront pas assez d’options pour un développement idéal.

3. LIGNES AUX ALLURES DE GAMMES AVEC AJOUT DE NPC

Ce principe offre la possibilité de développer une approche plus linéaire. Dans 90% das cas vous devrez utiliser des NPC pour adoucir les transitions entre les accords.

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Dès que vous serez familiers avec ces différentes techniques, je vous encourage à les mélanger. Cela vous aidera à créer une ligne réellement musicale.

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Des musiciens comme Joe Pass, Martin Taylor, Ron Eschete et Tuck Andrews, pour en nommer quelques-uns, sont capables de créer un “walking bass” en improvisant. Pour réussir ce genre de performance, je vous invite à pratiquer les exemples dans les douze tonalités. Essayez d’apprendre un maximum de standards, il y a une leçon harmonique à apprendre dans chaque chanson !

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Les triades à la guitare : une astuce créative très simple !

J’utilise tout le temps les triades dans mes compositions et mes arrangements. C’est un outil très puissant qui me permet de développer ma créativité instantanément. J’ai même tendance à en abuser. On entend des triades dans pleins de chansons. Des groupes de rock comme Interpol, The National ou The Strokes en raffolent. C’est aussi beaucoup utilisé dans le funk et la musique classique. Les triades sont beaucoup plus faciles à jouer que les accords barrés et elles vous permettront d’enrichir vos accompagnements. Il est également possible de les utiliser pour jouer des accords de 7ème, comme nous le verrons plus bas, avec le concept des “upper triads”. Avant de vous montrer 2 riffs qui utilisent les triades essayons de bien comprendre le principe en commençant par les 4 types de triades :

Majeure (1 – 3 – 5)

Mineure (1 – 3 – b5)

Diminuée (1 – b3 –b5)

Augmentée (1 – 3 – #5)

Une triade est un accord à trois notes.  C’est aussi simple que ça. Une triade c’est l’accord basique, sans répétition de notes, que l’on jouera sur trois cordes. Il n’aura donc pas la puissance de l’accord en début de manche joué sur toutes les cordes. Lorsque vous jouez un accord en début de manche certaines notes sont répétées comme vous pouvez le voir ici pour un accord de mi majeur, joué de la corde la plus grave à la plus aigue :

Mi majeur : mi – si – mi – sol# – si – mi

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source image : la guitare en 3jours

La note mi est répétée 3 fois (en jaune sur le schéma) et la note si est répétée deux fois (en mauve). Le principe des triades c’est donc de jouer UNIQUEMENT les notes de l’accord, sans répétition. C’est là que c’est justement intéressant car c’est complémentaire à la grille d’accord de base, jouée en début de manche par le guitariste rythmique.

Les trois notes utilisées dans les triades sont :

1. La fondamentale ou la tonique

C’est la note sur laquelle est construit l’accord, celle qui lui donne son nom. Par exemple : la tonique de l’accord Do majeur est la note do.

2. La tierce

La tierce est située trois degrés (d’où son nom de tierce) au-dessus de la tonique. Cette note déterminera si l’accord est majeur ou mineur. Avec une tierce majeure (2 tons d’intervalle avec la tonique), l’accord est majeur. Avec une tierce mineure (1,5 tons d’intervalle avec la tonique) l’accord est mineur. C’est assez simple ! Par exemple : la tierce majeure de l’accord Do majeur est la note mi. La tierce mineure de l’accord de Do majeur est la note mi bémol.

3. La quinte

Cette note est très proche de la tonique au niveau sonorité. Elle est située cinq degrés (d’où son nom de quinte) plus haut que la tonique, à un intervalle de 3.5 tons. Par exemple : la quinte de l’accord Do majeur ou do mineur est la note sol. La quinte donnera un caractère diminué à l’accord : la quinte diminuée est située à un intervalle de 3 tons de la tonique. la quinte augmentée est située à un intervalle de 3.5 tons de la tonique.

Par exemple : La quinte de do est sol, la quinte diminuée de do est solb, la quinte augmentée de do est sol#

On résume le tout avec un exemple :

La triade majeure de Do est do – mi – sol. La triade mineure de Do est do – mib – sol. La triade augmentée de Do est do – mi – sol#. La triade diminuée de Do est do – mib – solb.

Petit exercice :

Quelle est la triade majeure de Fa?          Réponse : Fa – la – do

Quelle est la triade mineure de Sol?          Réponse : Sol – si –ré

Quelle est la triade diminuée de Si?           Réponse : Si – ré – fa

Quelle est la triade augmentée de Ré?       Réponse : Ré – fa# – La#

Niveau théorique vous avez bien compris comment ça fonctionne maintenant passons à la pratique sur le manche de la guitare :

1. Sur les 3 cordes aigues. C’est là que je les utilise le plus souvent.

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Avec un peu de crunch et un long delay l’effet est dévastateur. Ca fonctionne vraiment super bien en complément à l’accompagnement de base ou sur une ligne de basse. Ca permet aussi de voir directement où sont les notes importantes et comment elles bougent pendant les changements d’accords. Lorsque vous passez d’un accord à un autre, essayez de bouger le moins possible. Un bon moyen de s’entraîner est de prendre une chanson avec des accords simples (le choix est vaste) comme “Le vent nous portera” Noir Désir (Em – D), “Et moi, et moi, et moi” Jacques Dutronc (D – A – E), “Les Portes du Pénitencier” (Am – C – D – F – E) et d’essayer de jouer la progression en restant dans la même zone.

Voici quelques exemples de ce que ça peut donner. Ici dans une reprise de Paradis Blanc de Michel Berger, j’ai utilisé les triades dans les couplets :

2. Sur les cordes un peu plus graves

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3. Les cordes du “milieu”

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4. Les 3 cordes les plus graves

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Le concept du “Upper triad”

Surtout utilisé par les pianistes ce concept est également intéressant pour nous.

Le principe est d’utiliser uniquement la triade supérieure d’un accord de 7ème. Les notes de l’accord Do M7 sont Do – mi – sol – si. Si la guitare basse joue la note do, le guitariste rythmique peut se concentrer sur la triade supérieure, à savoir mi – sol –si, qui est la triade de mi mineur. En jouant un simple mi mineur, vous jouez un CM7 ! C’est magique. Ceci est valable pour tous les accords :

DoM7 : Do – mi – sol – si => Mi mineur

Dom7 : Do – mib – sol – sib => Mib majeur

Do7 : Do – mi – sol – sib => Mi diminué

Dom7b5 : Do – mib – solb – sib => Mib mineur

Utiliser les triades dans vos solos ou pour créer un riff

Cela vous donnera une vision claire et instantanée des notes importantes sur chaque accord. Vous verrez également comment ces notes suivent la progression d’accord. Cela vous donnera des idées pour créer un riff, une intro ou une partie instru pour une chanson. C’est ce que j’ai fait par exemple dans deux chansons à moi :

Exemple 1 : Le goût de toi

J’ai utilisé le principe des upper triads pour la partie instrumentale. La grille de base est très simple :

F        / G         / C         / F

Pour donner plus de couleurs à cette partie instrumentale j’ai utilisé les triades suivantes :

A-  D- / E – G / E- E- / D- A-

Avec ces triades supérieures sur la basse on obtient donc les sonorités suivantes :

FM7 F6 / G6 G / CM7 CM7 / F6 FM7

Exemple 2 : Le Bruit et la fureur

L’intro, qui est un peu le riff de la chanson, est basée sur des triades :

Em    // Emsus2/D   //  Bb       // A     //

Em    // Emsus2/F# // Bb/F   // A/E   //

Ce qui donne une sonorité particulière à ce riff c’est la descente chromatique des notes sol, fa#, fa, mi

Voilà, j’espère que cette introduction aux triades vous auront donné envie d’essayer de les intégrer à votre jeu de guitare. N’hésitez pas à me poser vos questions dans les commentaires et à me dire comment vous utilisez les triades dans votre quotidien. Je cherche aussi des exemples de chansons connues utilisant des triades. Si vous avez des suggestions, elles sont bienvenues dans les commentaires !

Voici une version vidéo complémentaire de ce tuto sur les triades :

Mes 10 chansons préférées : résumé du carnaval d’articles

Il y a quelques semaines j’ai proposé à des amis blogueurs de dévoiler la liste de leurs 10 chansons préférées ! Une manière de mieux les connaître à travers leurs goûts musicaux et leur rapport à la musique mais aussi de découvrir de nouvelles chansons exceptionnelles. Je me suis engagé à réaliser un tuto pour vous apprendre à jouer les chansons qui renvieraient le plus souvent.

J’ai moi-même rédigé une liste reprenant mes 10 chansons préférées que vous pouvez consulter en cliquant ici.

Voici maintenant le résumé du travail de tous mes amis blogueurs sur ce carnaval d’articles (dans l’ordre dans lequel je les ai reçus) :

Je connaissais déjà très bien les goûts musicaux de Sophie. Normal c’est ma chérie ! Elle est passionnée par les chaussures et son blog est truffé de conseils en style. Dans son article Sophie nous explique que la musique a toujours fait partie de sa vie, que ça lui donne l’occasion de s’évader, de penser à autre chose, de prendre du temps pour elle. Elle aime les chansons en français et les artistes comme Zazie (j’ai marqué des points le jour où j’ai obtenu des laisser-passer pour qu’elle puisse la rencontrer), Chris Isaak et Benjamin Biolay. Chaque chanson est accompagnée d’une anecdote croustillante, comme lorsqu’elle nous raconte les 5 jours les plus drôles de sa vie. Sophie semble avoir un penchant pour les chanteurs de charme aux voix graves, je ne peux qu’acquiescer !

Andree aime le rock joyeux et l’anglais facile à comprendre et ça se ressent dans sa sélection! The Who, Led Zeppelin et Queen ; pour Andree la musique est un médicament qui permet de ne pas se dégonfler quand, par exemple, on décide de quitter quelqu’un. Elle adoucit les mœurs également. On retrouve tout de même deux chansons en français dans sa sélection ; une première de Jacques Brel et une autre d’Aznavour qu’Andree adore chanter quand la peur de chanter faux s’envole un peu ivre !

Les goûts de Caroline sont très variés, de la musique traditionnelle bretonne à Eminem (plus pour la musique que pour le personnage) en passant par les instrumentaux de Flute peule (belle découverte pour moi). J’ai aussi appris que Caroline avait travaillé dans le bâtiment, ce qui est plutôt rare pour une femme ! Son blog vaut le détour si vous désirez apprendre à jouer du piano. Les cours sont classés par niveau. Avec des vidéos très claires sur sa chaîne YouTube vous pourrez apprendre à jouer les chanson de Louane, Pirate des Caraïbes ou La reine des neiges.

Johann Berby, en plus d’être quelqu’un de très sympathique (son rire est communicatif), est un excellent bassiste qui a notamment accompagné Trilok Gurtu en tournée. Johann aime la musique qui “groove like a pig”! On apprend à travers sa sélection qu’il pense comme un danseur quand il joue de la basse, qu’il a vécu au Canada et qu’il a appris à chanter en écoutant Richard Bona. Certaines chansons l’ont aidé à remonter la pente dans les moments difficiles et d’autres lui donnent la pêche! La moitié de sa sélection m’était totalement inconnue. Il m’a fait découvrir de très belles chansons. Pour progresser rapidement à la basse, bien choisir votre ampli ou éviter les problèmes de dos, rendez-vous sur le blog de Johann. C’est une mine de bons conseils !

Isaac est un super guitariste spécialisé dans le style sebene (mélange de kwasa kwasa et rumba congolaise). Il faut aller voir ses vidéos sur YouTube. Il est très relax avec sa voix grave et ses conseils sont précis. Au moment de rédiger sa sélection, Isaac nous explique s’être senti surpassé par les bons souvenirs musicaux accumulés depuis son enfance. Il nous propose donc une sélection de 10 chansons de référence qui ont été des piliers d’influence. On y retrouve des gospel songs, des chansons americano-latines et de l’old school années 70. Isaac préfère la simplicité, le travail en binôme et nous invite à découvrir la culture du Congo par la musique. Il explique également avoir galéré en apprenant la guitare.On a du mal à l’imaginer lorsqu’on l’entend jouer aujourd’hui !

Karim nous propose 10 chansons pour apprendre l’espagnol en s’amusant. Ecouter des chansons permet d’améliorer votre compréhension orale de la langue. Porque te vas vous permettra par exemple de travailler les conjugaisons, Bailando de réviser votre présent de l’indicatif ou Clanestino de lancer un sujet sur l’immigration clandestine. Les tubes de l’été sont aussi de la partie. Ça permet à Karim de se détendre après une grosse session de travail !

Loup est coach en séduction et il écoute de la musique avant de sortir en soirée, dans le métro avec son téléphone et ses écouteurs. La musique l’aide à se concentrer sur ses envies et ses rêves, à diminuer sa peur d’aborder de jolies femmes et à retrouver de l’énergie après un “non”. Il aborde les inconnues en étant prêt à mourir comme un samouraï, se demande régulièrement ce que James Bond aurait fait à sa place et rejoint Leonard Cohen sur le fait qu’on ne fait pas revenir une femme en la suppliant à genoux. Certaines chansons l’aident à décompresser de temps en temps.

J’espère que ce carnaval d’articles vous aura permis de découvrir des blogueurs talentueux, de nouvelles chansons et de belles anecdotes. J’ai pris beaucoup de plaisir à organiser cet événement inter-blogueurs! La musique est universelle et chacun a sa manière et ses raisons de l’écouter. Certains écouterons de la musique triste quand ils n’ont pas le moral. Ils se sentiront moins seuls, auront le sentiment de pouvoir partager leur douleur alors que d’autres écouteront une chansons entraînante. C’est la magie de la musique, qui reste inexplicable. Tant mieux ! Merci à tous ceux qui ont participé d’avoir pris le temps de mettre des mots sur leurs expériences musicales. Je vous connais un petit peu mieux maintenant.

Mes 10 chansons préférées

Il y a quelques jours j’ai lancé un événement en proposant aux blogueurs que j’apprécie de lister leurs 10 chansons préférées et d’expliquer pourquoi ils les aiment tant ! Nous écoutons tous de la musique et c’est toujours intéressant de découvrir les goûts des autres : “dis-moi ce que tu écoutes et je te dirai qui tu es” ! L’exercice n’est pourtant pas simple et ma liste d’aujourd’hui ne sera pas la même que celle de demain. J’ai essayé de ne pas trop réfléchir et de lister rapidement et spontanément les 10 chansons qui me venaient en tête et que j’aime vraiment. Celles qui me font sincèrement de l’effet. J’ai mis de côté le jazz pour me concentrer sur le format chanson. Les voici !

1. Qu’est-ce que ça peut faire – Benjamin Biolay

Plusieurs personnes m’ont encouragé à me lancer comme chanteur mais celui qui m’a vraiment donné envie de le faire c’est Benjamin Biolay. Je me suis calmé aujourd’hui mais à l’époque je connaissais tout son répertoire quasiment par cœur. C’était au temps de ses premiers disques que je trouve bien meilleurs que les derniers. Il a pourtant beaucoup plus de succès aujourd’hui. Je l’avais vu aux Francofolies de Spa en 2008. Il n’y avait pas grand monde. Comme quoi, il faut savoir persévérer! J’ai eu la chance de travailler avec Erwin Autrique (ingé son) et Nicolas Fizstman (bassiste) aux studios ICP à Bruxelles. Ils travaillent tous les deux depuis des années avec Benjamin Biolay. Il m’arrivait de le croiser au Bar du Marché à Ixelles, lorsqu’il venait se changer les idées (draguer?) pendant ses sessions d’enregistrement à Bruxelles. C’était juste avant le disque “La Superbe”. Il ramait. C’est marrant de se dire qu’à ce moment-là il n’imaginait pas encore que ça allait être un très grand succès.

Qu’est-ce que ça peut faire démarre par un slide à la basse que l’on retrouve tout le long et qui donne cette sonorité particulière à la chanson (bravo à Nicolas Fiszman). La grille d’accord est très simple, une partie instrumentale aux sonorités d’un western spaghetti et un pont. Une petite modulation à la fin. Rien de bien compliqué. Et pourtant la magie opère. C’est une chanson entraînante qui me donne la pêche et me rassure. “Au bout de la route il n’y a qu’un désert” me convainc que rien n’est grave, idéal pour aller mieux !

2. Laisse aboyer les chiens – Benjamin Biolay

Un autre thème, qui rejoint le premier, et qui m’a aidé lorsque j’ai dû encaisser les premières critiques. Avec la maturité les critiques me touchent moins. Ce n’est jamais agréable mais je comprends que l’on n’aime pas mon univers. C’est normal, sain et équilibré. Je me méfie des artistes soi-disant aimés de tous. Tant que je reste dans une proportion 1/3 de gens qui aiment, 1/3 de gens qui s’en foutent et 1/3 de gens qui n’aiment pas, je ne m’inquiète plus ! Et je dois bien avouer que j’adorais écouter Biolay à ses débuts, à l’époque où tout le monde crachait dessus. Cela me rassurait ! Parce que j’ai et je suis toujours fort critiqué dans ma démarche artistique. Le milieu professionnel ne m’a jamais fait de cadeau. C’est encore le cas aujourd’hui. Je suis un batard de la chanson française, non reconnu par le milieu, un artiste qui s’est construit sans réseau, sans soutien des pros de la profession. Je n’ai jamais été le chouchou des programmateurs, des décideurs. C’était même plutôt le contraire. Aucune maison de disque ne voulait de moi. C’est grâce à internet que j’ai réussi à financer mon disque. J’ai produis moi-même mes premiers concerts. Monté mes premières tournées. Tout cela m’a permis de développer une véritable autonomie, en-dehors des medias, des réseaux professionnels et ça m’a surtout donné une grande liberté artistique.

Laisse aboyer les chiens c’est ça. On s’en fout de ce que les gens pensent. Il faut faire les choses pour soi, dans une démarche authentique, par amour et par passion pour la musique. Laisser les critiques critiquer. “Haters are loosers” disent les américains. Les personnes les plus critiques n’ont jamais produit de contenu. Quand on écrit des textes, qu’on compose de la musique, on sait à quel point c’est compliqué, qu’il s’agit à chaque fois d’un petit miracle et à quel point on peut se tromper. Ce n’est pas grave. Il faudrait décerner un prix annuel à l’artiste qui s’est le plus planté. Parce que ça veut dire qu’il a essayé des choses. On nous attend tellement au tournant aujourd’hui que l’on n’ose plus rien essayer. C’est dommage. Laissez aboyer les chiens.

Ce texte se marie magnifiquement avec cette ascension musicale progressive, ponctuée par les magnifiques relances à la basse de Nicolas Fizsman (encore lui). Le côté bricolé de la chanson me touche particulièrement. Il y a quelques petites imperfections qui donnent plein de charme au tout. J’aimerais que Benjamin Biolay nous en écrive d’autres comme ça !

3. End of the affair – Ben Howard

C’est un élève qui m’a fait découvrir Ben Howard (Alex, si tu me lis Smile). J’ai beaucoup écouté son album “I Forget Where We Were“ lors de sa sortie. C’était à l’époque où je passais mon permis moto (avec deux enfants il était temps que je roule enfin avec un permis). Ben Howard a un solide jeu de guitare mais il n’en fait pas trop dans ses chansons. Il ne tombe pas dans le piège de la démonstration. L’intro est un peu longuette mais toute la seconde partie de la chanson est complètement dingue. Aujourd’hui j’écoute ça à fond la caisse dans ma voiture en rentrant des entraînements de boxe. Les tenues vocales, la progression, la basse qui se fait attendre, les pêches, le solo guitare, l’arrêt et la reprise : tout est magistral et me transporte. Je ne pense plus à rien.

4. Irons-nous voir Ostende – Jeronimo

Un soir, dans ma voiture, arrêté au feu rouge du pont du germoir à Bruxelles, je découvre une chanson interprétée par une voix familière. Le registre est pourtant différent. Une guitare acoustique et une voix. Un homme qui invite une nana à aller voir Ostende. Je me gare sur le côté. J’écoute attentivement. Ce titre est très réussi. Un peu jalousement je me dis que ça doit être une reprise en français d’une chanson connue. Ce n’est pas possible qu’un autre belge que moi (ahaha) propose un truc de si bonne facture !

Quelques années plus tard j’ai eu la chance de travailler avec Jeronimo (Jérôme Mardaga de son vrai nom, l’auteur/compositeur/interprète d’Irons-nous voir Ostende) sur la réalisation de mon premier album “Le Bruit et la Fureur”. Il a fait un travail incroyable, à la fois musicalement mais aussi psychologiquement. Il m’a donné confiance en moi, m’a encouragé, m’a partagé son expérience et m’a même accompagné sur scène à la guitare. J’ai eu la chance d’aller défendre les chansons de ce disque jusqu’en Chine et Jérôme m’a accompagné sur les routes d’extrême-orient. Chaque soir, dans une ville chinoise différente, Jérôme a pris le micro le temps d’une chanson pour interpréter ce classique (si, on peut le dire) de notre patrimoine belge. Voici ce que ça a donné le soir où nous avons joué à Shanghai :

5. Smells Like Teen Spirit – Nirvana

Plus qu’une chanson, Smells Like Teen Spirit est un véritable hymne de ma génération ! Mon premier contact avec Nirvana s’est fait avec le clip de cette chanson, sur MTV, chez un ami. Ca tournait en boucle sur nos écrans. Et ça ne fera que s’amplifier jusqu’au fameux MTV Unplugged. Je ne sais pas trop de quoi la chanson parle, simplement que le titre est une allusion à un déodorant bon marché (Teen Spirit) porté par la petite amie de Kurt Cobain à l’époque. Commençons par ce riff. Ce putain de riff ! Ce riff magistral, iconique. L’exemple même du riff. Et puis le break batterie. Certainement le plus populaire de l’histoire du rock. Il paraît que ce n’est pas Dave Grohl qui l’a écrit. A vérifier. La mélodie, loin d’être évidente à chanter, et ce souvenir des années 90, les années de mon adolescence ! En entendant cette chanson je me replonge directement dans les soirées des petits villages de province. Mes premières soirées ! Et les pogos qui consistaient à “danser” en se sautant tous dessus et en se bousculant. Il fallait un peu de courage pour se lancer dans la fosse. Mais les filles regardaient, il n’y avait pas trop le choix. C’est une chanson nerveuse qui me rendait un peu agressif, surtout lorsque j’avais bu un petit verre. Pas bien ! Je me suis calmé depuis mais plus jeune je pouvais avoir envie de me battre et de tout casser en écoutant cette chanson. Une sorte de rage se révélait en moi (idem à l’écoute de Killing in the Name de RATM).

Kurt Cobain était mon idole. J’ai certainement commencé la guitare à cause lui. J’avais toute la panoplie grunge : les cheveux longs non coiffés et le look débraillé. Et ce clip mythique avec le technicien de surface qui danse sur la musique, Kurt Cobain qui détruit sa guitare, le public qui devient hystérique.

6. Bad GIRLS – M.I.A.

Le clip de Bad Girls m’a clairement influencé dans ce choix ! Pourtant je n’aime pas particulièrement Romain Gavras (le réalisateur ndlr, certainement à cause du nullissime clip Stress qu’il avait réalisé pour Justice). Mais là c’est très réussi. On peu lui reprocher son côté cliché et ses revendications féministes basiques mais concentrons-nous uniquement sur l’émotion qui se dégage du duo chanson/clip. L’un ne va pas sans l’autre dans ce cas-ci. C’est le mariage parfait, certainement le clip qui m’a le plus touché ces dernières années.

7. Paris (Aeroplane Remix)

Chanson lascive par excellence qui me rappelle instantanément ma rencontre avec Sophie Vinclaire, ma femme. Elle me replonge dans notre époque sensuelle de jeunes amants insouciants. Elle me rappelle nos nuits d’été, nos réveils tardifs et l’odeur de sa peau. Le texte est basique et correspond à une envie que j’ai eue plus jeune ; celle d’aller vivre à Paris. Ca me revient de temps en temps et puis ça passe.

C’est aussi l’époque où je traînais dans les clubs. Je côtoyais tout le milieu des DJ bruxellois. Stephen Fasano (fondateur d’Aéroplane et The Magician) en faisait partie. Un soir de 2008 il mixait dans une soirée sur une péniche à Liège. On devait être 15 personnes à tout casser dans cette péniche. Ce fût pourtant une soirée mémorable. Quel chemin parcouru par Stephen depuis !

8. Avec le temps – Léo Ferré

J’adore les chansons tristes. J’ai beau essayer, je n’arrive pas à faire autrement. Elles sont profondes et laissent une trace pour un moment. Fallait-il pour autant ajouter ce monument à ma liste? S’agit-il vraiment d’une chanson que j’aime ou suis-je influencé par le contexte? Difficile à dire, surtout que ce n’est pas une chanson que j’écoute pour me changer les idées. Le tempo lent et les arpèges qui symbolisent les secondes qui passent, la progression harmonique et cette mélodie développée sur un texte limite contemporain (mon seul bémol mais je fais vraiment le difficile là), sont bouleversants. Une chanson qui vieilli bien en parlant du temps qui passe c’est toujours bon signe. C’est ça qui est génial avec les vieilles chansons : on pourra encore les écouter dans vingt ans ! Le thème du temps qui passe m’obsède. J’en ai d’ailleurs fait une chanson : “Ce matin, j’ai 30 ans”.

9. Quitte à me quitter – Marvin Jouno

Terminons avec deux artistes que j’aime beaucoup. Deux “nouveaux” par rapport aux anciens de ma liste. On verra comment tout cela va vieillir mais il est important de s’intéresser aux nouveautés. Je ne le fais pas assez. Mea culpa ! Mea maxima culpa. Marvin Jouno est aussi sympa que sa chanson est entraînante !

10. Clôture – Cyril Mokaiesh

Le texte est génial. Simple et efficace. Aligné sur un système de valeurs qui me parle. Une chanson doit rester imagée. Même si l’art est par définition idéologique, les revendications politiques n’ont rien à faire dans une chanson. C’est ailleurs que ça doit se faire. Je n’aime pas les chansons engagées mais rien n’empêche de temps à autre d’injecter avec parcimonie un peu de vérité dans une chanson. Ici en l’occurrence sur la société de consommation et les dérives du capitalisme ; “boycottez la télé, ne votez plus, vous êtes en train d’inventer une puissance nouvelle”. Ca donne envie d’essayer !

Comment bien préparer un concert? 9 conseils pour être au top sur scène !

Avant d’attaquer les 9 astuces qui vous aideront à bien préparer vos concerts pour être à chaque fois au top de votre forme sur scène, commençons par la toute première chose à faire : vérifier les disponibilités de votre équipe! Les musiciens, les techniciens son et lumière et votre backliner. Profitez-en pour caler une date de répétition. Si vous louez une camionnette ou du matériel (comme un projecteur vidéo ou des pars LED), si vous devez prendre un train ou un avion, il faut effectuer vos réservations. N’oubliez pas de prendre en compte les instruments que vous emmènerez avec vous. Les hôtels sont généralement pris en charge par les organisateurs mais il peut arriver que vous ayez besoin d’une nuit en plus. Pensez-y à temps.

S’il s’agit d’une date importante prenez contact avec l’organisateur et/ou la salle (profitez-en pour les remercier de vous avoir inséré dans leur programmation) pour déterminer ensemble un plan d’attaque promo. Il faut bien comprendre que la réussite de votre concert sera le résultat d’un travail d’équipe. Vous ne pourrez pas remplir cette salle tout seul. C’est impossible ! Il donc que l’organisateur et la salle s’investissent autant que vous dans cette date. C’est un élément essentiel qui est souvent négligé car on est avant tout très heureux de jouer. Les organisateurs qui ne s’investissent pas dans la promo de votre concert seront les premiers à se plaindre qu’il n’y avait pas grand monde et à faire passer l’info auprès de leurs confrères. Méfiez-vous. Remplir une salle pour un artiste en développement c’est une montagne de boulot. Choisissez les bons partenaires, ceux qui s’investiront réellement avec vous, ceux avec qui vous allez pouvoir produire une belle date. Soyez sélectifs. Ce sont les programmateurs qui ont la chance de pouvoir vous faire jouer chez eux, pas l’inverse!

Renseignez-vous bien sur la salle. Quelle est la technique sur place? Quelle table de mix, quels effets, quels micros et quel sera le personnel disponible? Les places sont-elles assises ou debout? Y a-t-il des gradins à monter ou démonter? Vérifiez et ajustez vos fiches techniques en fonction et transmettez les avec les détails repas et boissons. J’ai eu le coup aux Francofolies de Spa avec mon claviériste qui voulait manger avec sa copine. Ce n’était pas prévu dans le rider. Il a fait un scandale dans le restaurant et j’ai été bon pour envoyer un bouquet de fleurs à l’assistante de production!

LA PROMO

Un mois avant la date vous pouvez annoncer le concert avec une vidéo originale. Il faut trouver autre chose que “venez me voir”. Pensez avant tout à l’intérêt de ceux qui vont la regarder en essayant de respecter la proportion suivante : 1/3 du contenu doit être intéressant pour celui qui regarde, 1/3 pour votre promo et 1/3 de choses diverses. Une idée qui a bien fonctionné pour moi était de lancer un défi : “proposez-moi des idées de reprises”. Une autre idée était d’inviter les gens à ne pas revenir nous voir. Sur le ton de l’humour, ça a très bien fonctionné :

Essayez aussi de démarcher les radios et le télévisions pour parler de ce concert exceptionnel :

Vous pouvez réaliser des petites vidéos sur la préparation des concerts.

C’est aussi le moment de lancer vos premières invitations. Facebook fonctionne très bien pour ça ! Invitez tout le monde, c’est parfois ceux qu’on ne soupçonne pas qui viennent. Essayer de travailler dès aujourd’hui 20 minutes par jour sur les invitations mais pas plus. Faites-le tous les jours histoire de ne pas vous retrouver à ne faire que ça la veille du concert.

Tenez votre guestlist bien à jour car vous allez recevoir rapidement vos premières confirmations. Et dans 3 semaines vous ne vous souviendrez plus de qui vous a dit quoi. Inscrivez vos guests au fur et à mesure dans un tableau Excel.

Imprimez quelques flyers à distribuer en réunion de famille, à la salle de sport, en allant boire un verre et quelques affiches (pas beaucoup) à coller, notamment dans la salle du concert. Si la date est vraiment importante vous pouvez en imprimer plusieurs centaines et faire appel à une société qui s’occupera de les coller. Il est possible, pour faire diminuer les frais de proposer à des partenaires de poser leur logo sur l’affiche. C’est ce que j’avais fait pour un concert à l’Atelier 210 à Bruxelles. J’avais trouvé deux sponsors : mon ancienne école de musique et… mon banquier ! Les banques ont un budget annuel de soutien aux spectacles. Si vous êtes un bon client et que vous présentez un bon dossier il y a de grandes chances pour que ça passe. Dans mon cas les impressions et les collages avaient été payés par mes deux sponsors.

Au fur et à mesure que le temps passe vous allez pouvoir vérifier si la jauge de la salle se remplit et réajuster le tir. C’est très important. Appelez la salle et osez demander comment les préventes évoluent. En fonction de ces infos vous devrez agir. Une chose qui fonctionne bien c’est d’ouvrir la guestlist. Vous pouvez organiser un concours pour gagner des places ou proposer une place achetée + une place offerte, deux places achetées pour un disque offert, etc. Annoncez tout ça via Facebook Live, ce sera très efficace ! Et si vraiment ça ne se remplit pas allez y à la grosse louche : entrée gratuite pour tous les membres de votre club de sport.

LA LOGISTIQUE

Tout doit être prêt une semaine avant la date. Au plus elle va se rapprocher, au plus tout va s’accélérer. C’est en général à ce moment-là que je fais le plein d’essence ! Le stress va monter et je suis beaucoup moins efficace en étant stressé. C’est alors mon entourage qui déguste. Faites attention, ça ne doit pas arriver. Le fait que tout soit prêt, ça va vous calmer et vous permettre de vous concentrer sur le concert.

Votre matériel doit être impeccable ; vos guitares réglées avec de nouvelles cordes (je vous invite à lire mon article : comment choisir ses cordes de guitare?), des amplis en très bon état (lampes au top), des jacks de très bonne qualité, des cordes de rechange, une guitare de rechange réglée aussi, des onglets en suffisance, une pince Leatherman. Si vous avez récemment remarqué un faux contact ou un autre problème, faites-le réparer tout de suite. Il y a une loi avec votre matériel, la loi de Murphy : tout élément susceptible de merder merdera et il merdera évidemment au moment où ça vous dérangera le plus. Si vous utilisez une scénographie, vérifiez que tout est là, en bon état.

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L’ADMINISTRATIF

Si vous bénéficiez d’un soutien financier de l’état pour vos concerts introduisez votre demande. En Belgique nous avons Art & Vie qui soutient les concerts avec des montants qui peuvent aller jusqu’à 600 euros par date. Envoyez votre bon de commande à l’organisateur et assurez-vous qu’il le signe ! Si vous avez le statut d’intermittent, déclarez votre date.

LE CONCERT

Aaahhh! Nous allons enfin pouvoir parler du cœur de cet article ; votre prestation ! C’est le plus important. Voici 9 astuces pour bien réussir votre prestation :

1. Répéter, répéter, répéter (en vous protégeant les oreilles) en groupe mais aussi à la maison, debout, avec le jack dans les pieds, sur le son de l’ampli avec les pédales. C’est important d’acquérir les bons réflexes avec les pédales, pour chaque chanson, chaque son. Habituez-vous aussi à vous entendre très mal. Il est rare d’avoir un bon son sur scène !

2. Préparez une setlist, travaillez les enchaînements avec le groupe et préparez vos interventions. N’en faites pas trop. Le public est là pour écouter vos chansons, par pour voir du stand-up. Vous pouvez essayer de faire participer le public (en posant une question ouverte, en expliquant comment/pourquoi vous avez écrit le titre que vous allez jouer, en les faisant taper dans les mains, …) mais ne dépassez pas plus de trois interventions pour votre concert. A moins que vous soyez vraiment bon dans vos prises de parole. Essayez d’enchainer les chansons, par lots de 2 ou 3, sans interruptions.

3. Renseignez-vous sur l’endroit dans lequel vous allez jouer et sur le public que vous aurez face à vous. Y allez-vous pour séduire une audience qui ne vous connaît pas ou pour jouer devant un public qui vous apprécie déjà? Vos choix de chansons et vos interventions seront très différentes. Si vous jouez en festival ou dans une salle, avant ou après un artiste, à domicile ou bien à l’étranger, 25 minutes ou 1h30, etc. Vous devrez constamment adapter votre setlist. Un public n’est pas l’autre et on doit plus souvent séduire que venir en star attendue de tous. Ne commettez pas l’erreur de tous les débutants qui montent sur scène en imitant les stars qu’ils adorent. Le chemin est encore long avant de monter sur scène et d’être instantanément applaudi !

4. Prévoyez un rappel et n’oubliez pas de remercier l’organisation, vos musiciens, la technique, votre agent, votre impresario, etc.

5. Arrivez à l’heure, même bien avant, histoire d’être relax en cas d’embouteillages, d’avoir le temps de rencontrer et de discuter avec les autres artistes, de les écouter, de prendre la température, de placer les caméras, d’installer votre stand merchandising

4. Echauffez-vous au moins 20 minutes. Et pas que vos doigts ! C’est super important. Votre prestation en sera bien meilleure. J’ai téléchargé des vidéos d’échauffements sur mon portable qui me servent avant chaque concert.

5. Pas d’alcool ! Ben non, avec l’alcool on joue tous mal et on s’en rend compte le lendemain. Il m’est arrivé de monter ivre sur scène. C’était en Espagne, à l’Arenal Sound Festival. Il y avait 40.000 personnes et on jouait juste après le groupe anglais Scissor Sisters. Le concert était prévu à 1h du matin et nous étions arrivés en début d’après-midi. Je ne me suis pas rendu compte tout de suite que j’étais ivre, surtout avec la chaleur, le fait d’être dehors, de discuter dans l’ambiance du festival. Mais quand j’ai dû jouer ma première note, mon dieu ! Depuis cette expérience je ne bois plus JAMAIS d’alcool avant de monter sur scène. Un des seuls extraits de ce concert que j’ai réussi à trouver sur YouTube. Je suis à droite du cadre avec la basse :

6. Amusez-vous. Ca paraît bête et pourtant c’est essentiel. Il faut arriver à s’amuser sur scène, à ne pas trop se soucier des couacs techniques, des pains que vous entendez, du son merdique de votre retour, du peu de monde dans la salle. Vous avez fait de votre mieux pour être là. C’est un privilège d’être sur scène, de jouer vos chansons. Vous avez travaillé comme un fou pour ça. C’est le moment d’en profiter ! Le public appréciera de vous voir heureux sur scène.

7. J’ai connu l’époque heureusement révolue des petites stars belges qui ne déniaient pas sortir de leur loge pour aller à la rencontre des gens. Le concert terminé vous avez envie de vous poser un peu, de boire une bière au calme. Et bien non, c’est le moment d’aller à la table merchandising, à la rencontre de ceux qui ont fait l’effort de venir vous voir, de les remercier et de boire une bière avec eux ! Personnellement je ferme TOUJOURS le bar et je vous invite à faire de même, il se passe toujours de chouettes choses juste avant la fermeture du bar !

8. Le lendemain n’oubliez pas de communiquer sur votre date avec des photos, des vidéos ou un simple merci à tous ceux qui sont venus !

9. Votre travail est presque terminé : vous devez payer vos musiciens et vos techniciens. Mon bassiste glissait d’ailleurs sa facture dans ma poche arrière dès qu’on saluait le public. Ahaha ! Il faudra aussi ramener la camionnette, remercier l’organisateur (et pourquoi pas lui envoyer une bouteille de vin), faire les comptes des disques et merchandising vendus, ranger le matériel et envoyer en réparation ce qui a été cassé. Ne prévoyez donc pas de partir en vacances le lendemain d’un concert d’un festival d’été. Ca m’est arrivé et c’était une très mauvaise idée !

Question du jour : comment préparez-vous vos concerts, qu’aimeriez-vous améliorer dans votre préparation, avez-vous des freins ou des envies particulières? Des astuces à partager? Dites-le moi dans les commentaires !

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